Le dhikr, de l’arabe ذكر , désigne l’évocation d’Allah, le rappel de Son nom, le souvenir de Dieu dans le cœur et sur la langue du croyant. C’est l’une des pratiques spirituelles les plus importantes de l’islam, et pourtant l’une des plus méconnues dans sa profondeur réelle.
Si vous cherchez ce qu’est le dhikr, quels en sont les bienfaits, comment le pratiquer efficacement ou quels hadiths en parlent, vous êtes au bon endroit. Cet article vous propose une réponse complète et ancrée dans les sources authentiques du Coran et de la Sunna.
Dans la vie quotidienne d’un musulman, le dhikr occupe une place centrale. Ce n’est pas une pratique réservée aux savants ou aux soufis, c’est une adoration accessible à tout croyant, à tout moment, dans n’importe quelle situation. Allah (qu’Il soit exalté) a Lui-même posé les termes de cette relation dans le Noble Coran :
« Évoquez-Moi et Je vous évoquerai. » (Sourate Al-Baqara, v.152)
Cette promesse divine est au fondement de l’importance du dhikr dans la vie du croyant. Et ses bienfaits ne sont pas abstraits : ils touchent à la paix intérieure, à l’effacement des péchés, à la connexion spirituelle permanente avec le Seigneur des mondes.
Notre maître le Prophète (que la bénédiction et salut d’Allah soient sur lui) a dit : « Celui qui évoque son Seigneur et celui qui ne l’évoque pas sont comparables respectivement au vivant et au mort. » (Tirmidhi). Cette parole résume à elle seule pourquoi le dhikr n’est pas un supplément à la foi, mais son souffle même.
Dans cet article, vous découvrirez la signification précise du dhikr en arabe et dans le Coran, les hadiths authentiques qui en établissent les mérites, les différentes façons de le pratiquer selon les savants, les formules essentielles à réciter, et des conseils concrets pour l’intégrer durablement à votre vie quotidienne.
Qu’est-ce que le dhikr ? Signification en arabe et dans le Coran
Le mot dhikr (ذكر) vient de la racine arabe ذ-ك-ر (dha-ka-ra) qui signifie se souvenir, mentionner, rappeler. C’est un terme de la langue arabe riche et presque intraduisible en français dans toute sa profondeur sémantique.
Dans le Noble Coran, ce mot et ses dérivés apparaissent 294 fois, ce qui en fait l’un des termes les plus récurrents du Livre saint. C’est dire son importance dans l’islam. Selon le contexte, il peut désigner le souvenir d’Allah, la prière, la lecture du Coran, la noblesse accordée à une communauté, ou encore simplement le fait de mentionner quelque chose.
Dans le monde musulman, le dhikr est utilisé exclusivement (dans son sens spirituel courant) pour désigner l’évocation d’Allah : Le rappeler, Le mentionner, L’invoquer, avec la langue, le cœur, ou les deux ensemble. C’est cette pratique spirituelle qui maintient vivante la connexion entre le serviteur et son Seigneur à chaque instant de la vie du croyant.
Pourquoi le dhikr est-il important ? Une obligation du cœur
Beaucoup de gens considèrent le dhikr comme un « bonus », quelque chose qu’on fait quand on a le temps. C’est une erreur de perspective.
Le dhikr n’est pas un supplément d’âme pour les très pieux. C’est le souffle de la foi. Notre maître le Prophète (que la bénédiction et salut d’Allah soient sur lui) a comparé celui qui évoque son Seigneur et celui qui ne l’évoque pas à un vivant et à un mort (hadith rapporté par Tirmidhi). Pas à quelqu’un de bien et quelqu’un de moins bien. À un vivant et à un mort.
Allah Lui-même a établi une réciprocité extraordinaire :
« Évoquez-Moi et Je vous évoquerai. Remerciez-Moi et ne soyez pas ingrats envers Moi. » (Sourate Al-Baqara, v.152)
Et dans un hadith authentique rapporté par Boukhari, un hadith qudsi dans lequel le Messager d’Allah transmet la parole divine, Allah dit : « Je suis avec Mon serviteur là où il pense Me trouver. S’il M’évoque en lui-même, Je l’évoque en Moi-même. S’il M’évoque dans une assemblée, Je l’évoque dans une assemblée bien meilleure encore. »
Cette réciprocité divine est au cœur de l’importance du dhikr. Ce n’est pas une relation à sens unique. C’est une conversation permanente avec le Seigneur des cieux et de la terre. Et cette conversation, tu peux l’entretenir à chaque instant — dans ce bas-monde, avant le Jour de la Résurrection.
Quels hadiths parlent du dhikr ? Les preuves de la Sunna
Les savants de l’islam ont compilé des centaines de hadiths sur l’évocation d’Allah. En voici les plus importants, tous issus de sources authentiques.
Le hadith du compagnon dépassé
Un compagnon (que Allah l’agrée) vint trouver le Prophète ﷺ et lui dit : « Ô Messager d’Allah ! Les prescriptions de l’Islam sont trop nombreuses pour moi. Donne-moi une chose à laquelle je puisse m’attacher. » Le Prophète, que la paix et le salut soient sur lui, lui répondit : « Que ta langue ne cesse d’être imbibée par l’évocation d’Allah. » (Tirmidhi)
Le hadith d’Ibn Abbas que Allah l’agrée
Le grand savant du Coran, Ibn Abbas (que Allah l’agrée) a rapporté que le Prophète ﷺ a dit : « Évoquez Allah autant que vous voulez jusqu’à ce que les hypocrites disent que vous êtes des gens qui font de l’ostentation. » Ce hadith rapporté montre que l’abondance du dhikr est une vertu, pas un excès.
Le dhikr comparé à l’or et au djihad
Dans un hadith rapporté par Ahmad ibn Hanbal, le Prophète ﷺ dit : « Vous informerai-je de la meilleure de vos œuvres, la plus pure auprès de votre Maître, celle qui vous élève le plus en degré, meilleure encore que de dépenser de l’or et l’argent, ou de combattre vos ennemis ? Bien sûr ! répondirent-ils. L’évocation d’Allah. » (Tirmidhi, authentifié)
Le dhikr lors de la Nuit du Destin et du mois de Ramadan
Le Prophète ﷺ (agrée le Prophète, bénédiction et salut sur lui) nous a appris à multiplier le dhikr pendant le mois de Ramadan, et particulièrement lors de la Nuit du Destin (Laylatul Qadr). Il a enseigné à Aïcha (que Allah l’agrée) cette invocation : Allahumma innaka ‘afuwwun tuhibbul ‘afwa fa’fu anni. Et il a encouragé à réciter abondamment la profession de foi (La ilaha illa Allah) pendant ces nuits bénis, car aucun voile ne sépare alors le serviteur de son Seigneur.
Abu Bakr et l’adhkar du matin
Notre maître Abu Bakr As-Siddiq (que Allah l’agrée) était connu pour ne jamais quitter son dhikr du matin. Il récitait les adhkars dès le lever du soleil, entretenant ainsi une présence divine constante dans sa journée. C’est cet attachement au dhikr qui lui a valu d’être le premier des compagnons et le plus aimé du Prophète ﷺ.
Quels sont les bienfaits du dhikr ?
Les mérites du dhikr sont si nombreux que les savants leur ont consacré des livres entiers. En voici les plus fondamentaux.
La paix intérieure remède aux épreuves
C’est le bienfait le plus urgent pour notre génération. Nous vivons dans un monde d’anxiété permanente. Et Allah a déposé le remède dans Son Livre bien avant que la psychologie moderne ne nomme nos tourments. Le verset d’Ar-Ra’d v.28 « C’est par l’évocation d’Allah que les cœurs trouvent la quiétude », est cité utilisé exclusivement comme remède spirituel par les maîtres du soufisme depuis le troisième siècle de l’hégire.
Les cœurs humains ont été créés pour trouver leur repos dans le dhikr. C’est leur nature profonde, ancrée dans leur fitrah.
L’effacement des péchés
Un hadith authentique rapporté par Boukhari et Muslim : « Celui qui dit cent fois SubhanAllahi wa bihamdihi (soubhana Allah wa bihamdihi), ses péchés lui sont effacés, même s’ils étaient comme l’écume de la mer. » Cent répétitions. Moins de cinq minutes. Des péchés effacés. Quel autre acte offre un tel rapport effort-récompense dans la vie quotidienne du croyant ?
La protection au Jour de la Résurrection
Allah Akbar (Allah est le Plus Grand). Prononcer ces mots, c’est inscrire dans la balance du Jour de la Résurrection des actes qui pèseront lourd. Le Prophète ﷺ a dit : « Deux paroles sont légères sur la langue, lourdes dans la balance et aimées du Miséricordieux : SubhanAllahi wa bihamdihi, SubhanAllahi Al-Adhim. » (Boukhari)
La connexion spirituelle, atteindre la perfection spirituelle
Le dhikr abondant est la voie vers ce que le Prophète ﷺ a appelé l’ihsan : adorer Allah comme si tu Le voyais. C’est ainsi que les grandes confréries soufies (de la Qadiriyya à la Shadhiliyya) ont fait du dhikr leur pilier central, guidées par des maîtres spirituels comme Ibn Ata Allah Al-Iskandari, qui a enseigné : « Ne laisse pas l’abondance des relations extérieures couper ta relation intérieure avec Dieu. » Atteindre la perfection spirituelle passe nécessairement par l’évocation constante du nom de Dieu.
Quelle est la meilleure façon de faire le dhikr ? Les trois degrés

C’est la question que tout croyant sincère finit par se poser. La réponse des savants est claire : il existe des niveaux, et connaître ces degrés aide à progresser sur le chemin spirituel.
Premier degré : le dhikr de la langue
Le dhikr de la langue, c’est prononcer les formules à voix basse ou à haute voix, même sans une concentration parfaite. Ce premier niveau est déjà récompensé abondamment. Notre maître le Prophète ﷺ a dit : « Que ta langue ne cesse d’être imbibée par l’évocation d’Allah. » Il n’a pas dit : quand tu es concentré, quand tu es calme, quand tu as le temps. Il a dit : que ta langue ne cesse. Ne te prive pas du dhikr parce que ton esprit s’évade, continue, la récompense est là.
Deuxième degré : le dhikr du cœur
Le dhikr du cœur, c’est la méditation intérieure (le tafakkour). Se rappeler d’Allah en silence, réfléchir à Ses bienfaits, contempler Ses créatures et Ses signes dans l’univers. Ce niveau ne nécessite pas forcément de paroles prononcées. C’est l’état du croyant qui pense à Allah en toutes circonstances, dans sa vie quotidienne, ses décisions, ses relations.
Troisième degré : langue, cœur et esprit réunis
Le troisième degré et le plus complet est celui qui unit la langue, le cœur et l’esprit. C’est la façon dont Allah y fait référence dans ce verset :
« Invoque ton Seigneur en toi-même, avec humilité et crainte, à mi-voix, le matin et le soir, et ne sois pas du nombre des insouciants. » (Sourate Al-A’raf, v.205)
C’est vers ce troisième niveau qu’on aspire. Mais même le premier, la langue seule, vaut infiniment mieux que le silence total. Ibn Ata Allah Al-Iskandari, maître spirituel de la voie soufie du XIIIe siècle de l’hégire et auteur des fameuses Hikam, a écrit : « Votre dhikr d’Allah alors que vous en êtes distraits vaut mieux que votre oubli d’Allah alors que vous semblez présents. »
Les adhkars essentiels : formules, sens et récompenses
Voici les formules les plus accessibles et les plus récompensées à mémoriser et à réciter au quotidien. Toutes sont issues de la Sunna authentique.
1. Soubhana Allah wa bihamdihi × 100
سُبْحَانَ اللهِ وَبِحَمْدِهِ
SubhanAllahi wa bihamdihi — Soubhana Allah wa bihamdihi
« Gloire et Louange à Allah »
Récitée 100 fois dans la journée : les péchés sont effacés, même s’ils sont comme l’écume de la mer. (Boukhari et Muslim). La formule parfaite pour rendre gloire à Allah quotidiennement.
2. Les deux paroles légères, lourdes dans la balance
سُبْحَانَ اللهِ وَبِحَمْدِهِ — سُبْحَانَ اللهِ الْعَظِيمِ
SubhanAllahi wa bihamdihi — SubhanAllahi Al-Adhim
« Gloire et Louange à Allah — Gloire à Allah l’Immense »
Légères sur la langue, lourdes dans la balance, aimées du Miséricordieux. (Boukhari) — À répéter dans n’importe quel moment creux de la vie quotidienne.
3. La ilaha illa Allah : La Profession de Foi
لَا إِلَهَ إِلَّا اللهُ
La ilaha illa Allah — Ilaaha illa Allah
« Il n’y a de divinité digne d’adoration qu’Allah »
La profession de foi est le meilleur des adhkars. Le Prophète ﷺ a dit : « La meilleure chose que j’ai dite, moi et les prophètes avant moi, c’est La ilaha illa Allah, Seul, sans associé. » (Tirmidhi). Répéter Ilaaha illa Allah abondamment est particulièrement recommandé lors du mois de Ramadan et de l’appel à la prière (adhan), en répondant à chaque formule du muezzin.
4. Allahu Akbar : Allah Akbar
اللهُ أَكْبَرُ
Allahu Akbar — Allah Akbar
« Allah est le Plus Grand »
Allahu Akbar est prononcé à chaque prière, à chaque appel à la prière, dans les moments de joie comme d’épreuve. C’est la formule qui recentre instantanément le croyant sur ce qui est réellement grand.
5. Louange à Allah : Alhamdulillah
الْحَمْدُ لِلَّهِ
Alhamdulillah
« Louange à Allah »
La louange à Allah est le dhikr de la gratitude. Le Prophète ﷺ a dit : « Alhamdulillah emplit la balance. » (Muslim). Récitée 33 fois après chaque prière, avec SubhanAllah × 33 et Allahu Akbar × 33, elle efface les péchés même s’ils sont comme l’écume de la mer.
6. La Hawla wa la quwwata illa billah
لَا حَوْلَ وَلَا قُوَّةَ إِلَّا بِاللهِ
La hawla wa la quwwata illa billah
« Il n’y a de puissance ni de force qu’en Allah »
Cette formule appelée hawqala conjure 99 maux dont le moindre est le souci. À réciter face aux épreuves, à l’angoisse, et dans tous les défis de la vie quotidienne.
Tableau des principaux dhikr
| Formule en arabe | Translittération | Traduction | Récompense / Mérite | Moment recommandé |
|---|---|---|---|---|
| سُبْحَانَ اللهِ وَبِحَمْدِهِ | SubhanAllahi wa bihamdihi × 100 | Gloire et Louange à Allah | Efface les péchés même comme l’écume de la mer (Boukhari & Muslim) | En journée, n’importe quand |
| سُبْحَانَ اللهِ الْعَظِيمِ | SubhanAllahi Al-Adhim | Gloire à Allah l’Immense | Légère sur la langue, lourde dans la balance, aimée du Miséricordieux (Boukhari) | En journée, n’importe quand |
| لَا إِلَهَ إِلَّا اللهُ | La ilaha illa Allah | Il n’y a de divinité digne d’adoration qu’Allah | Meilleure parole prononcée par le Prophète ﷺ et les prophètes avant lui (Tirmidhi) | Ramadan, Nuit du Destin, après l’adhan |
| اللهُ أَكْبَرُ | Allahu Akbar | Allah est le Plus Grand | 20 bonnes actions inscrites, 20 péchés effacés par récitation (Ahmad) | Après chaque prière × 33, dans les épreuves |
| الْحَمْدُ لِلَّهِ | Alhamdulillah | Louange à Allah | Emplit la balance des bonnes œuvres (Muslim) | Après chaque prière × 33, en permanence |
| سُبْحَانَ اللهِ | SubhanAllah / Soubhana Allah | Gloire à Allah | Emplit ce qui est entre le ciel et la terre (Muslim) | Après chaque prière × 33, en permanence |
| لَا حَوْلَ وَلَا قُوَّةَ إِلَّا بِاللهِ | La hawla wa la quwwata illa billah | Pas de puissance ni de force sauf en Allah | Conjure 99 maux dont le moindre est le souci | Dans les épreuves, les moments difficiles |
| أَسْتَغْفِرُ اللهَ | AstaghfiruLlah | Je demande pardon à Allah | Protection contre l’angoisse et ouverture des issues (Abu Dawud) | Après Fajr, après chaque prière |
| اللَّهُمَّ صَلِّ عَلَى مُحَمَّد | Allahumma salli ala Muhammad | Ô Allah, envoie Ta bénédiction sur Muhammad | Chaque salawat est rendue 10 fois au croyant (Muslim) | En permanence, surtout le vendredi |
Quand faire le dhikr ? Comment l’intégrer efficacement à sa vie
Beaucoup vous donnent les formules sans expliquer comment passer du savoir à la pratique. Voici ce qui fonctionne vraiment.
Le dhikr du matin et du soir : le minimum vital
Les adhkars du matin (après Fajr) et les adhkars du soir (après Asr ou Maghrib) sont la colonne vertébrale de la pratique spirituelle quotidienne. Allah dit dans le Coran : « Et glorifie la louange de ton Seigneur avant le lever du soleil et avant son coucher. » (Sourate Taha, v.130)
Le dhikr du matin te protège et te prépare pour la journée. Le dhikr du soir clôt ta journée dans la conscience divine. Ces adhkars prennent 10 à 15 minutes. Ils sont une protection contre le shaïtan, une lumière dans les épreuves, et une connexion spirituelle que tu emmènes avec toi partout. Omar ibn Al-Khattab (que Allah l’agrée) ne quittait jamais ses adhkars du matin, même dans la période la plus chargée de son califat.
Commence petit, la constance prime sur la quantité
N’attends pas d’avoir le temps parfait, le calme parfait, la concentration parfaite. Ce moment n’existe pas. Le Prophète ﷺ nous a dit que « la meilleure action auprès d’Allah est celle qui dure, même si elle est petite. » (Boukhari) Commence par cinq minutes après Fajr. Juste SubhanAllah × 33, Alhamdulillah × 33, Allahu Akbar × 33. Chaque matin, sans exception. Puis augmente progressivement.
Le dhikr dans les actes ordinaires de la vie quotidienne
En conduisant : Soubhana Allah. En cuisinant : Alhamdulillah. En marchant : La ilaha illa Allah. Le dhikr n’a pas besoin d’un tapis de prière ni d’un endroit calme. Il peut accompagner chaque geste de ta journée. C’est son miracle : il est accessible à tous, à tout moment, debout, assis ou couché.
« Quand vous avez accompli la salat, invoquez le nom d’Allah, debout, assis ou couchés sur vos côtés. » (Sourate An-Nisa, v.103)
Le dhikr collectif : la puissance de la confrérie
Les halaqas de dhikr, cercles d’évocation en groupe, sont une pratique prophétique héritée par les grandes confréries soufies (tariqas) du monde musulman. Le Prophète ﷺ a dit : « Allah ne réunit pas un groupe qui évoque Allah si ce n’est que les anges les entourent, la miséricorde les couvre, la sérénité descend sur eux, et Allah les mentionne devant ceux qui sont auprès de Lui. » Si tu as la possibilité de rejoindre ou de créer un tel cercle avec des proches ou des frères en islam, saisis cette occasion.
Pendant l’appel à la prière
L’appel à la prière, l’adhan, est lui-même un dhikr. Chaque fois que tu entends le muezzin prononcer « Allahu Akbar… La ilaha illa Allah », répète après lui ces formules. C’est une pratique de la Sunna qui transforme chaque adhan en moment de connexion spirituelle, sans effort supplémentaire dans ta vie quotidienne.
Conclusion
Le dhikr n’est pas réservé aux savants, aux cheikhs ou aux personnes qui ont du temps libre. Ce n’est pas non plus une technique qui est utilisée exclusivement dans le soufisme ou dans des confréries mystiques. C’est une pratique spirituelle pour tout croyant, toi, avec ta vie chargée, tes doutes, ta fatigue, tes péchés. Le dhikr est pour le conducteur dans les bouchons, la maman épuisée, l’étudiant stressé, l’entrepreneur qui porte ses projets comme un fardeau.
Le dhikr est la pratique spirituelle importante que le Messager de Dieu nous a léguée comme trésor pour traverser ce bas-monde avec sérénité. Allah t’a donné une langue. Il t’a donné un cœur. Et Il t’a promis qu’en L’évoquant, Il t’évoquera en retour.
Alors commence maintenant. Pose ce que tu fais une seconde. Dis :
سُبْحَانَ اللهِ وَبِحَمْدِهِ
SubhanAllahi wa bihamdihi — Soubhana Allah wa bihamdihi
Tu viens de faire du dhikr. Et quelque part, dans une assemblée bien plus grande que celle de ce monde, Allah vient de t’évoquer.
Que Allah nous compte parmi les hommes et les femmes qui L’évoquent abondamment et sincèrement. Qu’Il rende nos langues humides de Son souvenir et nos cœurs en paix par Sa mention. Ameen.
« Ceux et celles qui évoquent Allah beaucoup de fois, Allah a préparé pour eux un pardon et une énorme récompense. »
— Sourate Al-Ahzab, verset 35
FAQ sur le dhikr
Q1 — Peut-on faire le dhikr sans ablutions ?
Oui. Le dhikr ne nécessite pas d'être en état de pureté rituelle. Il peut être pratiqué à tout moment, debout, assis ou couché, comme Allah l'indique dans la Sourate Âl-'Imran (v.191). C'est l'une des grandes miséricordes d'Allah : cette pratique spirituelle n'a aucune contrainte de temps ni de lieu.
Q2 — Combien de fois faut-il répéter le dhikr ?
Il n'y a pas de minimum obligatoire — une seule répétition est déjà récompensée. La Sunna recommande des nombres précis pour certaines formules (33 fois après la prière, 100 fois pour SubhanAllahi wa bihamdihi). Le Prophète ﷺ insistait surtout sur la constance : « La meilleure action est celle qui dure, même si elle est petite. » (Boukhari)
Q3 — Quelle est la différence entre le dhikr, la dou'a et la lecture du Coran ?
Le dhikr est l'évocation d'Allah par des formules établies (SubhanAllah, Alhamdulillah, Allahu Akbar). La dou'a est une demande personnelle adressée directement à Allah. La lecture du Coran est la récitation de Ses paroles. Ces trois actes se complètent et forment ensemble le cœur de la vie spirituelle du croyant.


