La prière du voyageur

la prière du voyageur

La prière du voyageur constitue le sujet dans l’Islam sur lequel il y a le plus grand nombre de divergences. Cette question est très importante car elle est relative à la prière, deuxième pilier de l’Islam. De plus, elle est effective normalement pour toute personne à un moment de sa vie. Afin de suivre un avis qui nous apparaît particulièrement méthodique, nous reprenons ici des propos de cheikh Al-Albany. Son point de vue a le bénéfice de se situer dans une position médiane, aux vues des nombreux avis.

Autour de la définition du voyage

Afin de débuter cette recherche, il faut tout d’abord cerner ce qu’est la réalité d’un voyage. Pour cela, on revient dans un tout premier lieu à la langue arabe. Le voyage y est défini comme étant le fait de se séparer des habitations de la ville. A ce moment-là, on perd son statut de résidant. Sous l’aspect religieux, l’expression de ce mot renvoie à tout départ hors de la ville. Et ce départ doit être lié à une intention de voyage. L’intention est d’ailleurs la base du voyage primant sur toute chose. Partant de là, une préparation est nécessaire et cela contredit les habitudes d’un résident. Par exemple, la personne qui part en voyage fait ses adieux à sa famille avant son départ.

La distance dans la prière du voyageur

Il est souvent dit que la distance accomplie détermine la nature de la sortie. Elle déterminerait ainsi si la sortie rentre dans le cadre d’un voyage ou pas. Pour le cheikh, cela n’est pas un argument recevable. Cet avis est d’ailleurs celui qu’a exposé cheikh Al-Islam ibn Taymiyyah. Il arrivait au Prophète {salla Allah ‘aleyhi wa sallam} de sortir de Médine sans se constituer en tant que voyageur. Cela, lorsqu’il se rendait au cimetière de Baqi’ ou pour visiter les martyrs de Ouhoud. Et cela est rapporté de manière authentique.

Il est très important également de regarder quels sont les usages et habitudes du lieu où l’on se trouve. Cette approche détermine quelle est la nature du déplacement entrepris. De même, la définition du voyage dans la langue doit être prise en compte. Il n’existe aucune distance minimale qui doit être parcourue pour rentrer dans le jugement du voyage. Cela est le propos de cheikh Ibn El-’Utheymin. Il dit ainsi que le fait de sortir de la ville et d’être à l’aéroport permet de raccourcir la prière.

Dans l’authentique de Mouslim, Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte une information cruciale à ce sujet. Le Prophète {salla Allah ‘aleyhi wa sallam} a déjà accompli la prière du voyageur après avoir parcouru seulement 15 kilomètres. L’avis selon lequel il faut avoir parcouru 77 km pour se considérer voyageur est donc nul suivant cette preuve. Puis, lors du retour, le voyage s’arrête au moment où l’on rentre à nouveau dans les limites de sa ville.

Sur le chemin du voyage

Cheikh Al-Albany a ensuite indiqué comment s’effectue la prière du voyageur qui est en train de voyager. Si le temps de Dhor arrive et que le voyageur fait une halte, il la réunit avec la ‘Asr. Sinon, si le voyageur préfère poursuivre, il réunira au moment de la ‘Asr. Dans tous les cas, il est obligatoire de raccourcir à ce moment-là les prières en deux unités. Cela constitue la parole la plus authentique parmi les gens de science.

Pour ce qui concerne le regroupement en dehors du trajet, il y a une permission.

Ainsi, il est permis de prier deux unités de prière dans le temps de Dhor et de la ‘Asr indépendamment. Mais ce qui est le mieux est d’accepter la permission accordée par Allah. Ceci en raison du hadith dans lequel le Prophète {salla Allah ‘aleyhi wa sallam} a dit ;

‘’ Allah aime que l’on prenne Ses permissions comme Il déteste qu’on Lui désobéisse. ‘’

La compréhension de ce hadith donnée par le cheikh statut donc du caractère meilleur de regrouper. Il dit même que refuser cela est une forme de fierté et d’orgueil face à la permission d’Allah. Un homme est venu une fois interroger le Messager d’Allah {salla Allah ‘aleyhi wa sallam} à propos du verset suivant ;

‘’ (…) ce n’est pas un péché pour vous de raccourcir la prière, si vous craignez que les mécréants ne vous mettent à l’épreuve (…)

( Sourate An-Nissa, verset 101 )

Cet homme demanda pourquoi ils effectuaient la prière raccourcie alors qu’ils étaient en sécurité. Le Messager d’Allah {salla Allah ‘aleyhi wa sallam} lui répondit alors ;

‘’ C’est une aumône qu’Allah vous fait, acceptez donc l’aumône d’Allah.’’

Il faut donc bien savoir faire la différence ici entre deux choses. Il y a d’une part un raccourcissement qui revêt un caractère obligatoire. Puis, dans un second lieu, il y a le regroupement qui quant à lui est recommandé.

L’Adhan et à l’Iqamah pour la prière du voyageur

Les prières regroupées  doivent être effectuées à la suite d’un seul adhan et de deux iqamah distincts. Ces deux prières doivent s’enchaîner directement. On ne doit prononcer entre elles aucune formule de rappel ni accomplir de prière surérogatoire. Le rappel peut être formulé après leur accomplissement. Quant aux prières surérogatoires, elles sont toutes annulées en voyage à l’exception de deux. Ce sont celles d’avant la prière du Soubh et le Witr.

Le statut du voyageur dans le temps

Il n’y a pas de divergence sur le statut de voyageur tant que la personne continue à être mobile. La divergence vient en ce qui concerne le voyageur qui s’installe pour un certain laps de temps dans un lieu. Cheikh Al-Albany dit que rien dans le Coran ou la Sounna ne mentionne de limite temporelle. Il faut ensuite faire la différence entre deux types de voyageurs arrivant dans un lieu. Il y a celui qui veut y demeurer un temps seulement, et celui qui veut s’y établir de façon permanente. Les Salafs considéraient encore l’homme qui s’installait temporairement comme étant un voyageur. Au lieu de dire à son propos ; ‘’ Il a l’intention de s’installer ‘’, ils disaient ; ‘’ Il s’est décidé à s’installer.

Ce qu’il faut retenir en définitive ici est ce qui suit. Le voyageur qui arrive dans une ville et décide de s’y installer pour un temps devient résident. Par contre, s’il ne se décide pas à s’y installer, il reste alors voyageur.

Débute l'apprentissage de la langue arabe pour seulement 19 € / MOIS

Accède à un programme de 12 niveaux vérifié et validé par un professeur Egyptien de renommé international. Ce programme te fera passer de  » Je ne sais pas lire, écrire la langue arabe  » à  » Je lis, écris, parle et comprend VRAIMENT la langue arabe »

Retour haut de page