La doua à dire après l’adhan est : Allahoumma Rabba hadhihi ad-da’wati at-tamma, wa as-salati al-qa’ima, ati Mouhammadan al-wasilata wal-fadila, wab’athhou maqaman mahmoudan alladhi wa’adtah : « Ô Allah, Seigneur de cet appel parfait et de la prière qui va être accomplie, accorde à Mouhammad la wasila et l’excellence, et élève-le au rang loué que Tu lui as promis. » Le Prophète ﷺ garantit son intercession au Jour de la Résurrection à celui qui la prononce (al-Boukhari n°614). Elle se dit après avoir répété les paroles du muezzin pendant l’appel, puis prié sur le Prophète ﷺ.
Trois gestes s’enchaînent donc en moins de deux minutes, et chacun porte une récompense rapportée dans un hadith authentique : le pardon des péchés, la prière d’Allah sur Son serviteur, l’intercession du Prophète ﷺ. Cet article reprend le déroulé complet, du premier Allahou akbar du muezzin jusqu’à l’iqama, avec le texte arabe, la phonétique et la source de chaque parole. Il fait aussi le point sur la prétendue doua spéciale de l’adhan du Maghrib, que beaucoup récitent sans savoir ce que vaut son hadith.
Doua pendant l’adhan : répondre au muezzin
Avant toute invocation, la Sounnah demande d’écouter et de répondre. Le Prophète ﷺ a dit : « Lorsque vous entendez l’appel, dites la même chose que dit le muezzin » (al-Boukhari n°611, Mouslim n°383). Vous répétez donc chaque phrase après lui : Allahou akbar après Allahou akbar, l’attestation de foi après l’attestation de foi, jusqu’à la fin de l’appel.
Une seule exception : aux deux appels hayya ‘ala as-salat (venez à la prière) et hayya ‘ala al-falah (venez à la réussite), on ne répète pas. On répond : la hawla wa la qouwwata illa billah (لَا حَوْلَ وَلَا قُوَّةَ إِلَّا بِاللَّهِ), « il n’y a de force ni de puissance que par Allah » (Mouslim n°385). La logique touche au cœur : le muezzin vous invite, et vous reconnaissez aussitôt que même le fait de venir prier dépend de l’aide d’Allah. Le même hadith promet le Paradis à celui qui répond ainsi du fond du cœur.
La doua après l’adhan : texte, phonétique et traduction
L’appel terminé, vient l’invocation que rapporte Jabir ibn ‘Abdillah (qu’Allah les agrée, lui et son père) :
اللَّهُمَّ رَبَّ هَذِهِ الدَّعْوَةِ التَّامَّةِ وَالصَّلَاةِ الْقَائِمَةِ آتِ مُحَمَّدًا الْوَسِيلَةَ وَالْفَضِيلَةَ وَابْعَثْهُ مَقَامًا مَحْمُودًا الَّذِي وَعَدْتَهُ
Allahoumma Rabba hadhihi ad-da’wati at-tamma, wa as-salati al-qa’ima, ati Mouhammadan al-wasilata wal-fadila, wab’athhou maqaman mahmoudan alladhi wa’adtah
« Ô Allah, Seigneur de cet appel parfait et de la prière qui va être accomplie, accorde à Mouhammad la wasila et l’excellence, et élève-le au rang loué que Tu lui as promis. »
Rapporté par al-Boukhari (n°614) ; le Prophète ﷺ promet : « Mon intercession lui sera acquise au Jour de la Résurrection. »
Chaque mot de cette invocation a été pesé. La wasila est un degré du Paradis réservé à un seul serviteur d’Allah ; le Prophète ﷺ a demandé à sa communauté de la solliciter pour lui, en espérant être ce serviteur (Mouslim n°384). Le « rang loué », al-maqam al-mahmoud, renvoie à la promesse du Coran : « Peut-être ton Seigneur t’élèvera-t-Il à un rang loué » (sourate Al-Isra, verset 79), que les savants relient à la grande intercession du Jour du Jugement. En prononçant cette doua, vous demandez une élévation pour le Prophète ﷺ, et lui intercède pour vous en retour.
Deux autres paroles rapportées après l’appel
1. La prière sur le Prophète ﷺ
Entre la réponse au muezzin et la doua de la wasila, le Prophète ﷺ a enseigné un ordre précis : « Lorsque vous entendez le muezzin, dites la même chose que lui, puis priez sur moi, car celui qui prie sur moi une fois, Allah prie sur lui dix fois. Demandez ensuite pour moi la wasila » (Mouslim n°384). N’importe quelle formule de salat sur le Prophète ﷺ convient, la plus complète étant celle de la prière ibrahimique récitée dans le tachahhoud.
2. L’attestation qui efface les péchés
Une troisième parole, moins connue, porte l’une des plus grandes promesses :
أَشْهَدُ أَنْ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَحْدَهُ لَا شَرِيكَ لَهُ وَأَنَّ مُحَمَّدًا عَبْدُهُ وَرَسُولُهُ، رَضِيتُ بِاللَّهِ رَبًّا وَبِمُحَمَّدٍ رَسُولًا وَبِالْإِسْلَامِ دِينًا
Ach-hadou an la ilaha illa Allahou wahdahou la charika lah, wa anna Mouhammadan ‘abdouhou wa rasoulouh. Radhitou billahi rabban, wa bi Mouhammadin rasoulan, wa bil-islami dinan
« J’atteste qu’il n’y a de divinité digne d’adoration qu’Allah, seul et sans associé, et que Mouhammad est Son serviteur et Son messager. J’agrée Allah comme Seigneur, Mouhammad comme messager et l’islam comme religion. »
Rapporté par Mouslim (n°386) : « Ses péchés lui sont pardonnés. »
Le déroulé complet, de l’adhan à l’iqama
Mis bout à bout, ces enseignements dessinent une séquence simple que le tableau suivant récapitule. Elle demande moins de deux minutes et se répète cinq fois par jour.
| Moment | Ce que l’on dit | Mérite rapporté | Source |
| Pendant l’adhan | Répéter chaque phrase du muezzin | Fait partie de la réponse recommandée à l’appel | al-Boukhari n°611 |
| Aux deux « hayya… » | La hawla wa la qouwwata illa billah | Le Paradis pour qui répond du fond du cœur | Mouslim n°385 |
| Juste après l’appel | L’attestation : ach-hadou an la ilaha illa Allah… radhitou billahi rabban… | Le pardon des péchés | Mouslim n°386 |
| Ensuite | La prière sur le Prophète ﷺ | Allah prie dix fois sur celui qui prie une fois sur lui | Mouslim n°384 |
| Ensuite | La doua de la wasila : Allahoumma Rabba hadhihi ad-da’wati at-tamma… | L’intercession du Prophète ﷺ | al-Boukhari n°614 |
| Entre adhan et iqama | Toute demande personnelle, dans la langue de son choix | « La doua n’est pas rejetée » | Abou Dawoud n°521 |
Entre l’adhan et l’iqama : une doua qui n’est pas rejetée
Le Prophète ﷺ a dit : « L’invocation faite entre l’adhan et l’iqama n’est pas rejetée » (Abou Dawoud n°521, at-Tirmidhi n°212). Ce court intervalle compte parmi les moments d’exaucement les plus accessibles : il revient cinq fois par jour, et personne n’a besoin de veiller la nuit pour le saisir. Une fois les invocations rapportées accomplies, formulez vos propres demandes, en arabe ou en français : la santé d’un proche, une facilité au travail, un mariage béni, tout ce qui vous préoccupe.
Ibn Hajar al-‘Asqalani relève dans son commentaire que ce hadith rejoint la promesse coranique « Invoquez-Moi, Je vous répondrai » (sourate Ghafir, verset 60) : Allah a désigné des heures où la porte s’ouvre plus grand, et celle-ci précède chacune des cinq prières. Celui qui arrive à la mosquée quelques minutes avant l’iqama, ou qui s’accorde ce temps chez lui, transforme une attente en habitude d’exaucement.
Doua après l’adhan du Maghrib : ce qui est authentique et ce qui ne l’est pas
Beaucoup de sites rapportent une invocation propre à l’adhan du Maghrib : Allahoumma hadha iqbalou laylika wa idbarou naharika wa aswatou dou’atika, faghfir li (« Ô Allah, voici l’arrivée de Ta nuit, le retrait de Ton jour et les voix de ceux qui T’invoquent : pardonne-moi »). Ce hadith existe (Abou Dawoud n°530), mais cheikh al-Albani l’a jugé faible, et sa chaîne comporte une narratrice inconnue. Le réciter en le croyant établi du Prophète ﷺ revient donc à lui attribuer une parole incertaine ; l’honnêteté impose de le signaler, ce que peu de pages font.
L’adhan du Maghrib n’en reste pas moins un moment particulier. Les invocations authentiques de cet article s’y appliquent pleinement, et deux occasions s’y ajoutent. Pour le jeûneur, l’appel du Maghrib coïncide avec la rupture du jeûne, dont la doua n’est pas rejetée non plus (Ibn Majah n°1753). Et l’intervalle avant l’iqama, plus court qu’ailleurs, reste un temps d’exaucement : le Prophète ﷺ a même dit « priez avant le Maghrib » en évoquant deux unités de prière surérogatoires pour qui le veut (al-Boukhari n°1183). Rien ne manque donc au Maghrib ; simplement, ce qui s’y dit d’authentique est ce qui se dit à chaque adhan.
Apprendre l’arabe pour vivre l’adhan en le comprenant
Cinq fois par jour, l’adhan s’adresse à vous en arabe, et la Sounnah vous demande d’y répondre en arabe. Celui qui comprend ce qu’il répète ne vit pas le même appel que celui qui reproduit des sons : quand le muezzin lance hayya ‘ala al-falah, il entend réellement « venez à la réussite », et sa réponse prend le sens d’un aveu d’impuissance devant Allah. La différence se joue en quelques mois d’étude.
Chez Merkez al-Bourhan, nous vous accompagnons pas à pas pour apprendre l’arabe en ligne, du niveau grand débutant jusqu’à la lecture autonome des textes, pour que l’appel à la prière, les invocations et le Coran vous parlent directement, sans détour par la traduction.
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Sources : Le Saint Coran (sourates Al-Isra et Ghafir), Sahih al-Boukhari, Sahih Mouslim, Sounan Abou Dawoud, Sounan at-Tirmidhi, Sounan Ibn Majah, authentifications et jugements de cheikh al-Albani, Fath al-Bari d’Ibn Hajar al-‘Asqalani.
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