Les pronoms personnels en arabe comptent douze formes isolées, à savoir أَنَا (ana, je), نَحْنُ (nahnou, nous), أَنْتَ (anta, tu au masculin), أَنْتِ (anti, tu au féminin), أَنْتُمَا (antouma, vous deux), أَنْتُمْ (antoum, vous au masculin), أَنْتُنَّ (antounna, vous au féminin), هُوَ (houwa, il), هِيَ (hiya, elle), هُمَا (houma, eux deux ou elles deux), هُمْ (houm, ils) et هُنَّ (hounna, elles). À ces formes s’ajoutent des pronoms suffixes, qui se soudent à la fin d’un nom, d’un verbe ou d’une préposition, comme dans كِتَابِي (kitabi, mon livre) ou لَكَ (laka, pour toi). Le verbe arabe porte en plus la marque de son sujet, si bien que كَتَبْتُ (katabtou) signifie à lui seul « j’ai écrit ».
Chaque forme figure ci-dessous avec ses voyelles et sa prononciation, puis en situation dans des phrases simples et des versets du Coran. Un exercice corrigé vous permettra de vérifier ce que vous avez retenu.
Le tableau des pronoms personnels isolés en arabe
Les grammairiens arabes appellent ces pronoms الضَّمَائِر المُنْفَصِلَة (ad-dama’ir al-mounfasila), les pronoms séparés, parce qu’ils s’écrivent comme des mots à part entière. Ils les classent selon la personne désignée. المُتَكَلِّم (al-moutakallim) est celui qui parle, المُخَاطَب (al-moukhatab) celui à qui l’on s’adresse, et الغَائِب (al-gha’ib) l’absent dont on parle. Vous retrouvez ainsi nos première, deuxième et troisième personnes.
| Personne | Arabe | Prononciation | Français | Exemple |
| 1re | أَنَا | ana | je (homme ou femme) | أَنَا طَالِبٌ, je suis étudiant |
| 1re | نَحْنُ | nahnou | nous (duel et pluriel) | نَحْنُ طُلَّابٌ, nous sommes étudiants |
| 2e | أَنْتَ | anta | tu (à un homme) | أَنْتَ طَالِبٌ, tu es étudiant |
| 2e | أَنْتِ | anti | tu (à une femme) | أَنْتِ طَالِبَةٌ, tu es étudiante |
| 2e | أَنْتُمَا | antouma | vous deux | أَنْتُمَا طَالِبَانِ, vous êtes deux étudiants |
| 2e | أَنْتُمْ | antoum | vous (hommes ou groupe mixte) | أَنْتُمْ طُلَّابٌ, vous êtes étudiants |
| 2e | أَنْتُنَّ | antounna | vous (femmes) | أَنْتُنَّ طَالِبَاتٌ, vous êtes étudiantes |
| 3e | هُوَ | houwa | il | هُوَ طَالِبٌ, il est étudiant |
| 3e | هِيَ | hiya | elle | هِيَ طَالِبَةٌ, elle est étudiante |
| 3e | هُمَا | houma | eux deux, elles deux | هُمَا طَالِبَانِ, ils sont deux étudiants |
| 3e | هُمْ | houm | ils (hommes ou groupe mixte) | هُمْ طُلَّابٌ, ils sont étudiants |
| 3e | هُنَّ | hounna | elles | هُنَّ طَالِبَاتٌ, elles sont étudiantes |
Dans nahnou, le ح se prononce comme un souffle appuyé du fond de la gorge, que notre guide sur la phonétique de l’alphabet arabe décrit en détail. Le a final de ana reste bref dans la phrase, malgré le alif écrit. Le n de antounna et de hounna porte une chadda, et vous le tenez un instant de plus.
Une grammaire écrite en arabe commence souvent sa liste par houwa et la termine par ana, à l’inverse de nos manuels. Elle peut aussi parler de quatorze formes, car les manuels de conjugaison comptent à part le duel masculin et le duel féminin, alors que antouma et houma s’écrivent de la même façon pour les deux genres. Ibn Ajourroum, l’auteur de la célèbre Ajourroumiyya, en compte douze.
Le duel et le genre, deux distinctions absentes du français
Le français emploie « vous » pour deux personnes comme pour vingt. L’arabe réserve une forme aux groupes de deux, le duel, et le Coran l’utilise à plusieurs reprises dans le récit de Moussa et de son frère Haroun (paix sur eux).
أَنْتُمَا وَمَنِ اتَّبَعَكُمَا الْغَالِبُونَ
Antouma wa mani ttaba’akouma l-ghaliboun
« Vous deux, et ceux qui vous suivront, serez les vainqueurs. »
Sourate al-Qasas, 28:35
La sourate at-Tawba emploie le duel de la troisième personne pour évoquer le Prophète ﷺ et Abou Bakr (qu’Allah l’agrée) lors de l’Hégire, avec la formule إِذْ هُمَا فِي الْغَارِ (idh houma fi l-ghar), « lorsqu’ils étaient tous deux dans la grotte » (9:40). La première personne fait exception, puisque nahnou sert aussi bien à deux locuteurs qu’à un groupe.
Le genre s’étend lui aussi plus loin qu’en français, puisqu’il sépare « tu » et « vous » selon que vous parlez à un homme ou à une femme. Un groupe mixte prend le masculin, même s’il compte un seul homme. Hounna et antounna désignent donc uniquement des femmes.
Le verset suivant réunit le féminin et le masculin pluriels dans une même phrase, à propos des époux.
هُنَّ لِبَاسٌ لَكُمْ وَأَنْتُمْ لِبَاسٌ لَهُنَّ
Hounna libasoun lakoum wa antoum libasoun lahounna
« Elles sont un vêtement pour vous et vous êtes un vêtement pour elles. »
Sourate al-Baqara, 2:187
L’arabe n’a pas non plus de pronom neutre pour traduire « cela » ou le « il » impersonnel des objets. Le mot عَصًا (‘asa, bâton) étant féminin, Moussa (paix sur lui) répond هِيَ عَصَايَ (hiya ‘asaya, sourate Ta-Ha, 20:18), mot à mot « elle est mon bâton ». Vous emploierez houwa pour un livre, كِتَاب (kitab), et hiya pour une voiture, سَيَّارَة (sayyara).
Le pluriel des objets et des animaux suit une règle qui surprend les débutants, car il s’accorde au féminin singulier. Pour dire que les livres sont sur la table, vous direz هِيَ عَلَى الطَّاوِلَةِ (hiya ‘ala t-tawila), et houm reste réservé aux personnes.
Les pronoms suffixes en arabe
Ces pronoms, appelés الضَّمَائِر المُتَّصِلَة (ad-dama’ir al-mouttasila), les pronoms attachés, sont les plus fréquents de la langue. Ils correspondent à la fois à nos possessifs (mon, ton, son) et à nos compléments (me, te, le, lui). Ils ne s’écrivent jamais seuls.
| Personne | Suffixe | Sur un nom | Sur un verbe |
| Moi | ـي / ـنِي | كِتَابِي (kitabi), mon livre | سَاعَدَنِي (sa’adani), il m’a aidé |
| Nous | ـنَا | كِتَابُنَا (kitabouna), notre livre | سَاعَدَنَا (sa’adana), il nous a aidés |
| Toi (m.) | ـكَ | كِتَابُكَ (kitabouka), ton livre | سَاعَدَكَ (sa’adaka), il t’a aidé |
| Toi (f.) | ـكِ | كِتَابُكِ (kitabouki), ton livre | سَاعَدَكِ (sa’adaki), il t’a aidée |
| Vous deux | ـكُمَا | كِتَابُكُمَا (kitaboukouma), votre livre | سَاعَدَكُمَا (sa’adakouma), il vous a aidés |
| Vous (m.) | ـكُمْ | كِتَابُكُمْ (kitaboukoum), votre livre | سَاعَدَكُمْ (sa’adakoum), il vous a aidés |
| Vous (f.) | ـكُنَّ | كِتَابُكُنَّ (kitaboukounna), votre livre | سَاعَدَكُنَّ (sa’adakounna), il vous a aidées |
| Lui | ـهُ | كِتَابُهُ (kitabouhou), son livre | سَاعَدَهُ (sa’adahou), il l’a aidé |
| Elle | ـهَا | كِتَابُهَا (kitabouha), son livre | سَاعَدَهَا (sa’adaha), il l’a aidée |
| Eux deux | ـهُمَا | كِتَابُهُمَا (kitabouhouma), leur livre | سَاعَدَهُمَا (sa’adahouma), il les a aidés |
| Eux | ـهُمْ | كِتَابُهُمْ (kitabouhoum), leur livre | سَاعَدَهُمْ (sa’adahoum), il les a aidés |
| Elles | ـهُنَّ | كِتَابُهُنَّ (kitabouhounna), leur livre | سَاعَدَهُنَّ (sa’adahounna), il les a aidées |
1. Sur un nom, le suffixe indique le possesseur
En français, le possessif s’accorde avec l’objet possédé (mon livre, ma voiture). En arabe, le suffixe s’accorde avec le possesseur. كِتَابُهَا (kitabouha) signifie donc « son livre » lorsque le livre appartient à une femme, et كِتَابُهُ (kitabouhou) lorsqu’il appartient à un homme.
Le nom perd son article au contact du suffixe, car le pronom suffit à le déterminer. Un nom terminé par un ta marbouta (ة) récupère le son t, comme dans مَدْرَسَة (madrasa, école) qui devient مَدْرَسَتِي (madrasati, mon école). La voyelle placée avant le suffixe varie enfin selon la fonction du mot, d’où فِي كِتَابِكَ (fi kitabika, dans ton livre) à côté de kitabouka.
2. Sur un verbe, le suffixe indique le complément
La seule différence avec les noms concerne la première personne. Les noms prennent ـي (-i) et les verbes prennent ـنِي (-ni), si bien que « mon Seigneur » se dit رَبِّي (rabbi) et « il m’a aidé » سَاعَدَنِي (sa’adani). Les grammairiens appellent ce n la نُون الوِقَايَة (noun al-wiqaya), le n de protection, car il préserve la dernière voyelle du verbe.
Un seul verset réunit le pronom isolé et les deux emplois de ce n, avec إِنَّنِي (innani, certes moi) et فَاعْبُدْنِي (fa’boudni, adore-Moi donc).
إِنَّنِي أَنَا اللَّهُ لَا إِلَٰهَ إِلَّا أَنَا فَاعْبُدْنِي
Innani ana Allahou la ilaha illa ana fa’boudni
« Certes, c’est Moi Allah, nulle divinité excepté Moi. Adore-Moi donc. »
Sourate Ta-Ha, 20:14
3. Sur une préposition, le suffixe remplace le complément
Plusieurs prépositions changent de forme devant un suffixe. لِ (li, à, pour) devient la- partout sauf à la première personne, عَلَى (‘ala, sur) devient ‘alay-, et فِي (fi, dans) fusionne avec le suffixe de la première personne pour donner fiyya.
| Personne | لِ (à, pour) | عَلَى (sur) | فِي (dans) |
| Moi | لِي (li) | عَلَيَّ (‘alayya) | فِيَّ (fiyya) |
| Nous | لَنَا (lana) | عَلَيْنَا (‘alayna) | فِينَا (fina) |
| Toi (m.) | لَكَ (laka) | عَلَيْكَ (‘alayka) | فِيكَ (fika) |
| Toi (f.) | لَكِ (laki) | عَلَيْكِ (‘alayki) | فِيكِ (fiki) |
| Vous deux | لَكُمَا (lakouma) | عَلَيْكُمَا (‘alaykouma) | فِيكُمَا (fikouma) |
| Vous (m.) | لَكُمْ (lakoum) | عَلَيْكُمْ (‘alaykoum) | فِيكُمْ (fikoum) |
| Vous (f.) | لَكُنَّ (lakounna) | عَلَيْكُنَّ (‘alaykounna) | فِيكُنَّ (fikounna) |
| Lui | لَهُ (lahou) | عَلَيْهِ (‘alayhi) | فِيهِ (fihi) |
| Elle | لَهَا (laha) | عَلَيْهَا (‘alayha) | فِيهَا (fiha) |
| Eux deux | لَهُمَا (lahouma) | عَلَيْهِمَا (‘alayhima) | فِيهِمَا (fihima) |
| Eux | لَهُمْ (lahoum) | عَلَيْهِمْ (‘alayhim) | فِيهِمْ (fihim) |
| Elles | لَهُنَّ (lahounna) | عَلَيْهِنَّ (‘alayhinna) | فِيهِنَّ (fihinna) |
Le tableau fait apparaître une règle de prononciation que la plupart des cours passent sous silence. Après un son i ou y, les suffixes -hou, -houma, -houm et -hounna passent à -hi, -hima, -him et -hinna. Vous la pratiquez dans la Fatiha lorsque vous récitez أَنْعَمْتَ عَلَيْهِمْ (an’amta ‘alayhim, Tu les as comblés de faveurs).
Comme l’arabe n’a pas de verbe « avoir », ces suffixes servent aussi à exprimer la possession. Vous direz عِنْدِي كِتَابٌ (‘indi kitab, j’ai un livre), لِي أَخٌ (li akh, j’ai un frère) ou مَعِي قَلَمٌ (ma’i qalam, j’ai un stylo sur moi). Les mots عِنْدَ (‘inda, chez) et مَعَ (ma’a, avec) acceptent les mêmes suffixes que les prépositions.
Mémoriser les pronoms grâce à leurs terminaisons
Vous n’avez pas besoin d’apprendre deux listes de douze formes sans lien entre elles. La deuxième personne isolée commence par ant- et son suffixe par k-, tandis que la troisième garde le h dans les deux séries. Les finales se répètent ensuite d’une série à l’autre, avec -ma pour le duel, -m pour le masculin pluriel et -nna pour le féminin pluriel.
| Sens | 2e personne isolée | 2e personne suffixe | 3e personne isolée | 3e personne suffixe |
| Masculin singulier | أَنْتَ | ـكَ | هُوَ | ـهُ |
| Féminin singulier | أَنْتِ | ـكِ | هِيَ | ـهَا |
| Duel (finale -ma) | أَنْتُمَا | ـكُمَا | هُمَا | ـهُمَا |
| Masculin pluriel (finale -m) | أَنْتُمْ | ـكُمْ | هُمْ | ـهُمْ |
| Féminin pluriel (finale -nna) | أَنْتُنَّ | ـكُنَّ | هُنَّ | ـهُنَّ |
Apprenez les colonnes par paires et récitez-les à voix haute. Nos conseils pour mémoriser le vocabulaire arabe durablement s’appliquent aussi à ces séries.
Les pronoms que vous employez déjà sans le savoir
Si vous dites salam ‘alaykoum ou baraka Allahou fik, vous utilisez déjà des pronoms suffixes. Reconnaître la séparation dans ces formules vous aide à les adapter à votre interlocuteur et à les ancrer dans votre mémoire.
| Formule | Arabe | Découpage | Sens du pronom |
| Salam ‘alaykoum | السَّلَامُ عَلَيْكُمْ | ‘alay + koum | sur vous |
| Baraka Allahou fik | بَارَكَ اللَّهُ فِيكَ | fi + ka | en toi (fiki à une femme) |
| Jazaka Allahou khayran | جَزَاكَ اللَّهُ خَيْرًا | jaza + ka | te (jazaki à une femme) |
| Hasbouna Allah | حَسْبُنَا اللَّهُ | hasbou + na | nous |
| Rabbana | رَبَّنَا | rabba + na | notre |
| Rabbi | رَبِّي | rabb + i | mon |
| Ilayhi raji’oun | إِلَيْهِ رَاجِعُونَ | ilay + hi | vers Lui |
| Ouhibbouka | أُحِبُّكَ | ouhibbou + ka | te (ouhibbouki à une femme) |
L’invocation connue sous le nom de sayyid al-istighfar, le maître des demandes de pardon, offre un excellent texte de révision. Rapportée par Chaddad ibn Aws (qu’Allah l’agrée), elle s’ouvre sur anta, ana et trois suffixes différents en quelques mots.
اللَّهُمَّ أَنْتَ رَبِّي لَا إِلَٰهَ إِلَّا أَنْتَ، خَلَقْتَنِي وَأَنَا عَبْدُكَ
Allahoumma anta rabbi, la ilaha illa anta, khalaqtani wa ana ‘abdouka
« Ô Allah, Tu es mon Seigneur, nulle divinité excepté Toi. Tu m’as créé et je suis Ton serviteur. »
Rapporté par al-Boukhari (n°6306)
Vous remarquerez que le croyant s’adresse à Allah avec anta. L’arabe classique ne connaît pas le vouvoiement de politesse, et vous tutoyez un enseignant comme un ami. L’usage moderne a créé des tournures de respect selon les pays, comme antoum dans certains courriers officiels ou hadratak en Égypte.
Le pronom inclus dans le verbe
Une phrase verbale n’a pas besoin de pronom isolé, car la forme du verbe indique déjà qui agit. Le passé ajoute une terminaison au radical, et le présent combine un préfixe avec parfois une terminaison. Les grammairiens parlent de الضَّمِير المُسْتَتِر (ad-damir al-moustatir), le pronom caché, lorsque rien ne le marque à l’écrit, comme le houwa sous-entendu de كَتَبَ (kataba, il a écrit).
Le tableau suivant reprend les formes du verbe écrire. La ligne de antouma vaut pour les deux genres, ce qui donne bien quatorze formes au total. Le double a signale ici une voyelle longue, afin de distinguer katabnaa (nous) de katabna (elles).
| Pronom | Passé | Prononciation | Présent | Prononciation |
| هُوَ | كَتَبَ | kataba | يَكْتُبُ | yaktoubou |
| هُمَا (m.) | كَتَبَا | katabaa | يَكْتُبَانِ | yaktoubani |
| هُمْ | كَتَبُوا | katabou | يَكْتُبُونَ | yaktoubouna |
| هِيَ | كَتَبَتْ | katabat | تَكْتُبُ | taktoubou |
| هُمَا (f.) | كَتَبَتَا | katabataa | تَكْتُبَانِ | taktoubani |
| هُنَّ | كَتَبْنَ | katabna | يَكْتُبْنَ | yaktoubna |
| أَنْتَ | كَتَبْتَ | katabta | تَكْتُبُ | taktoubou |
| أَنْتُمَا (m. et f.) | كَتَبْتُمَا | katabtouma | تَكْتُبَانِ | taktoubani |
| أَنْتُمْ | كَتَبْتُمْ | katabtoum | تَكْتُبُونَ | taktoubouna |
| أَنْتِ | كَتَبْتِ | katabti | تَكْتُبِينَ | taktoubina |
| أَنْتُنَّ | كَتَبْتُنَّ | katabtounna | تَكْتُبْنَ | taktoubna |
| أَنَا | كَتَبْتُ | katabtou | أَكْتُبُ | aktoubou |
| نَحْنُ | كَتَبْنَا | katabnaa | نَكْتُبُ | naktoubou |
Sans voyelles, le mot كتبت admet quatre lectures, à savoir katabtou (j’ai écrit), katabta (tu as écrit, à un homme), katabti (tu as écrit, à une femme) et katabat (elle a écrit). De même, تَكْتُبُ (taktoubou) signifie « tu écris » ou « elle écrit ». Le contexte tranche le plus souvent, et un pronom isolé peut lever le doute. Pour pratiquer ces formes, consultez notre méthode pour apprendre la conjugaison arabe sans se perdre dans la théorie.
Quand employer le pronom isolé ?
Vous en aurez besoin dans la phrase sans verbe, très courante en arabe puisque le verbe « être » ne s’exprime pas au présent. أَنَا طَالِبٌ (ana talib) signifie « je suis étudiant », et أَيْنَ أَنْتَ؟ (ayna anta ?) « où es-tu ? ».
Devant un verbe conjugué, le pronom ajoute de l’insistance. كَتَبْتُ الرِّسَالَةَ (katabtou r-risala) signifie « j’ai écrit la lettre », alors que أَنَا كَتَبْتُ الرِّسَالَةَ (ana katabtou r-risala) veut dire « c’est moi qui ai écrit la lettre ». Si vous placez ana devant chaque verbe par réflexe, comme le « je » français, vos phrases prendront un ton appuyé que vous n’aviez pas prévu.
Le Coran exploite cette insistance, comme dans le verset où Allah affirme avoir Lui-même fait descendre le Rappel et promet de le préserver.
إِنَّا نَحْنُ نَزَّلْنَا الذِّكْرَ وَإِنَّا لَهُ لَحَافِظُونَ
Inna nahnou nazzalna dh-dhikra wa inna lahou lahafidhoun
« C’est Nous qui avons fait descendre le Rappel, et c’est Nous qui en sommes les gardiens. »
Sourate al-Hijr, 15:9
Placé entre le sujet et l’attribut, le pronom peut aussi renforcer l’affirmation, comme dans أُولَٰئِكَ هُمُ الْمُفْلِحُونَ (oula’ika houmou l-mouflihoun, ce sont eux les bienheureux, 2:5). Vous noterez le ou ajouté à houm devant l’article. Antoum et le suffixe -koum se comportent de la même manière, d’où la réponse وَعَلَيْكُمُ السَّلَامُ (wa ‘alaykoumou s-salam).
Iyya, le pronom complément que les cours oublient
L’arabe dispose d’une seconde série de pronoms isolés, bâtie sur إِيَّا (iyya) et réservée au complément d’objet. La plupart des cours pour débutants l’ignorent, alors que vous en récitez un exemple dans chaque unité de prière. Ibn Ajourroum en recense douze, à savoir iyyaya, iyyana, iyyaka, iyyaki, iyyakouma, iyyakoum, iyyakounna, iyyahou, iyyaha, iyyahouma, iyyahoum et iyyahounna.
إِيَّاكَ نَعْبُدُ وَإِيَّاكَ نَسْتَعِينُ
Iyyaka na’boudou wa iyyaka nasta’in
« C’est Toi seul que nous adorons, et c’est Toi seul dont nous implorons le secours. »
Sourate al-Fatiha, 1:5
Une phrase ordinaire dirait نَعْبُدُكَ (na’boudouka, nous T’adorons), avec un simple suffixe. En plaçant le complément avant le verbe sous la forme iyyaka, le verset restreint l’adoration à Allah seul, et les traducteurs ajoutent le mot « seul » pour rendre cette nuance.
Les pronoms personnels en darija et dans les dialectes
Les dialectes ont simplifié le système de l’arabe standard. Ils ont abandonné le duel des pronoms, et la plupart ont fondu le masculin et le féminin au pluriel. Le tunisien va plus loin, avec enti employé pour un homme comme pour une femme. Les formes ci-dessous sont les plus répandues et varient d’une région à l’autre.
| Français | Arabe standard | Maroc | Algérie | Tunisie | Égypte | Levant |
| Je | ana | ana | ana | ena | ana | ana |
| Tu (m.) | anta | nta | nta | enti | enta | enta |
| Tu (f.) | anti | nti | nti | enti | enti | enti |
| Il | houwa | houwa | houwa | houwa | houwa | houwe |
| Elle | hiya | hiya | hiya | hiya | hiya | hiyye |
| Nous | nahnou | hna | hna | ahna | ehna | nehna |
| Vous | antoum | ntouma | ntouma | entouma | entou | entou |
| Ils, elles | houm, hounna | houma | houma | houma | houma | henne |
Si vous hésitez entre les deux registres, notre article sur les dialectes arabes et l’arabe classique vous aidera à choisir. Le système complet de l’arabe standard reste celui dont vous aurez besoin pour lire le Coran.
Les erreurs les plus fréquentes des francophones
L’erreur la plus répandue consiste à garder l’article devant un nom suffixé. Vous direz كِتَابِي (kitabi) pour « mon livre » et jamais الكِتَابِي, car le nom ne porte qu’une seule marque de détermination. La deuxième erreur concerne le ta marbouta que l’on oublie de prononcer, d’où un madrasa-i incorrect à la place de madrasati.
Beaucoup d’apprenants confondent aussi -i et -ni, et disent sa’adi pour « il m’a aidé ». Gardez en tête le couple kitabi et sa’adani, qui résume la règle. D’autres emploient houm pour parler de livres ou de voitures, là où l’arabe attend hiya.
À l’écrit, méfiez-vous des textes sans voyelles, où أنت peut se lire anta ou anti, et où هما, هم et هن ne se distinguent que par leurs consonnes. En cas de doute, le verbe et les adjectifs de la phrase vous indiqueront le genre.
Exercice corrigé pour vérifier vos acquis
Trouvez la forme arabe demandée, puis comparez avec le corrigé placé après la liste.
- Je suis étudiant.
- Elle est enseignante (mou’allima).
- Ton livre, en parlant à une femme.
- Sur eux, avec عَلَى.
- Il m’a aidé.
- Mon école.
- Les livres sont sur la table.
Le corrigé donne أَنَا طَالِبٌ pour la phrase 1, هِيَ مُعَلِّمَةٌ pour la phrase 2, كِتَابُكِ pour la 3, عَلَيْهِمْ pour la 4, سَاعَدَنِي pour la 5, مَدْرَسَتِي pour la 6 et الكُتُبُ عَلَى الطَّاوِلَةِ pour la 7, phrase dans laquelle le pronom de reprise serait هِيَ, puisque les livres sont un pluriel d’objets.
Passer de la grammaire à la lecture
Vous retiendrez ces pronoms en les rencontrant dans de vrais textes, et les premiers versets que vous lisez en contiennent déjà beaucoup. Un enseignant vous aide à prononcer les finales correctement et vous reprend lorsque vous confondez le masculin et le féminin.
Chez Merkez al-Bourhan, nous vous accompagnons pas à pas dans l’apprentissage de l’arabe, de la lecture des premières lettres jusqu’à la compréhension du Coran, avec des enseignants qui vous font pratiquer la grammaire en situation.
Découvrez nos cours d’arabe en ligne et lisez les versets que vous récitez en comprenant à qui chaque pronom renvoie.
FAQ : Questions fréquentes sur les pronoms personnels en arabe
Tout ce que vous devez savoir


