Le Coran nomme environ vingt-neuf personnes dont le prénom peut être donné à un enfant : les vingt-cinq prophètes, d’Adam à Mouhammad ﷺ, trois autres hommes cités par leur nom propre (Louqman, ‘Imran et Zayd), et une seule femme, Maryam. Toutes les autres figures féminines du Coran, la femme de Pharaon, l’épouse d’Adam ou la reine de Saba, y sont désignées par leur statut et non par leur prénom. À côté de ces noms propres, un très grand nombre de prénoms musulmans sont tirés du vocabulaire même du Coran, comme Kawthar, Nour, Sakina, Rachid ou Mahmoud. Un prénom n’a d’ailleurs pas besoin de figurer littéralement dans le texte pour être conforme à l’islam : il doit avoir un sens honorable, ne pas exprimer la servitude envers un autre qu’Allah, et ne pas se vanter de la piété de celui qui le porte.
Reste à distinguer ce que le Coran nomme lui-même de ce que la tradition nous a transmis, et à connaître les règles que les savants ont tirées des hadiths du Prophète ﷺ. Vous trouverez plus bas la sourate et le verset exacts pour chaque nom cité.
La definition d’un « prénom coranique »
L’expression circule beaucoup et recouvre trois familles de prénoms qu’il vaut mieux ne pas confondre.
La première est celle des noms propres réellement inscrits dans le texte. Quand Allah dit à Zakariyya : « Ô Zakariyya, Nous t’annonçons la bonne nouvelle d’un fils dont le nom sera Yahya » (sourate Maryam, 19:7), Yahya est un prénom coranique au sens le plus strict. Ces noms se comptent, ils sont peu nombreux, et ce sont eux qui donnent lieu au fameux décompte de vingt-neuf prénoms.
La deuxième famille rassemble les prénoms tirés du vocabulaire du Coran sans désigner personne dans le récit. Kawthar est le nom d’un fleuve du Paradis mentionné dans la sourate al-Kawthar (108:1), Sakina désigne la quiétude qu’Allah fait descendre dans le cœur des croyants (sourate al-Fath, 48:4), Firdaws est le plus haut degré du Paradis (sourate al-Kahf, 18:107). Ce sont des mots du Coran devenus des prénoms, et rien ne s’oppose à ce qu’on les porte.
La troisième famille est celle des prénoms simplement conformes à l’islam, portés par des Compagnons ou par les épouses du Prophète ﷺ, mais absents du Coran : Aïcha, Khadija, Fatima, Hamza, Bilal, Omar. Le fait qu’ils ne figurent pas dans le texte ne les diminue en rien. Un seul Compagnon est nommé dans le Coran, Zayd (qu’Allah l’agrée), et personne n’en conclut que les autres prénoms sont moins recommandables.
Les règles à suivre pour donner un nom à son enfant en islam
Votre enfant portera ce prénom toute sa vie, et le Prophète ﷺ en a changé plusieurs de son vivant lorsque le sens ne convenait pas. Les savants en ont tiré cinq règles.
Quand nommer l’enfant, et qui choisit ?
Deux moments sont établis par la sounnah. Le premier est le jour de la naissance : Anas ibn Malik (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète ﷺ a dit : « Cette nuit m’est né un fils, je l’ai nommé du nom de mon père, Ibrahim » (rapporté par Mouslim, n°2315). Le second est le septième jour, en même temps que l’aqiqa et le rasage de la tête, d’après le hadith de Samoura ibn Joundoub (qu’Allah l’agrée) : « Tout garçon est en gage de son aqiqa, sacrifiée pour lui le septième jour, ce jour-là on lui rase la tête et on lui donne un nom » (rapporté par Abou Dawoud, n°2838, et at-Tirmidhi, n°1522, authentifié par cheikh al-Albani). Les deux pratiques sont valables, et les parents peuvent choisir l’une ou l’autre.
Le choix revient en premier lieu au père, ce que les savants rattachent au fait que la filiation se dit par lui : « Appelez-les du nom de leur père : c’est plus équitable auprès d’Allah » (sourate al-Ahzab, 33:5). Rien n’empêche cependant, et rien ne vaut mieux, que le père et la mère décident ensemble. Il est également établi que le Prophète ﷺ nommait lui-même les enfants qu’on lui présentait, ce qui montre que le père peut confier ce choix à quelqu’un dont il estime le jugement.
Les prénoms les plus aimés d’Allah
Le Prophète ﷺ a désigné explicitement deux prénoms : « Les noms que vous portez les plus aimés d’Allah sont ‘Abdoullah et ‘Abd ar-Rahman » (rapporté par Mouslim, n°2132). Ces deux prénoms expriment la servitude envers Allah, et c’est cette signification qui les place au premier rang. Le même raisonnement vaut pour toutes les compositions bâties sur le mot ‘abd suivi d’un nom d’Allah : ‘Abd al-‘Aziz, ‘Abd ar-Rahim, ‘Abd al-Karim, ‘Abd al-Malik.
Viennent ensuite les prénoms des prophètes. Le Prophète ﷺ a nommé son propre fils Ibrahim, du nom du père des prophètes, et les Compagnons ont largement suivi cet usage. Un hadith rapporté par Abou Dawoud (n°4950) demande d’ailleurs de se nommer des noms des prophètes, même si les spécialistes du hadith ont discuté la solidité de cette phrase précise. La pratique du Prophète ﷺ lui-même, elle, ne fait aucun doute.
Quels sont les prénoms interdits ?
Trois catégories sont à écarter sans discussion.
Il y a d’abord les noms qui expriment la servitude envers un autre qu’Allah, comme ‘Abd an-Nabi (serviteur du Prophète), ‘Abd al-Massih (serviteur du Messie) ou ‘Abd al-Ka’ba. L’interdiction fait l’objet d’un accord des savants, car l’adoration ne se dirige que vers Allah.
Il y a ensuite les noms qui appartiennent exclusivement à Allah. Ar-Rahman en est l’exemple le plus net, puisque le Coran le place au même niveau que le nom Allah lui-même : « Invoquez Allah, ou invoquez le Tout Miséricordieux ; quel que soit le nom par lequel vous L’appelez, Il a les plus beaux noms » (sourate al-Isra, 17:110). Il en va de même pour al-Khaliq, al-Quddous ou al-Jabbar. Ces noms ne se donnent qu’en composition avec ‘abd.
Il y a enfin les noms de tyrans, d’idoles et d’ennemis déclarés de la révélation, tous cités dans le Coran mais qu’aucun musulman ne donnerait à son enfant : Fir’awn, Haman, Qaroun, Abou Lahab, ou les idoles al-Lat, al-‘Ouzza et Manat mentionnées dans la sourate an-Najm (53:19-20). Leur présence dans le texte ne dit rien de leur valeur, elle sert au contraire d’avertissement.
Les prénoms déconseillés, et pourquoi le Prophète ﷺ en changeait
Au-delà de l’interdit, toute une catégorie de prénoms reste déconseillée à cause de son sens. Le Prophète ﷺ a lui-même corrigé plusieurs noms, et ces cas précis éclairent la règle mieux qu’un exposé théorique.
Une femme s’appelait Barra, ce qui signifie « la pieuse ». Le Prophète ﷺ lui donna le nom de Zaynab et dit : « Ne vous déclarez pas purs, Allah sait mieux qui parmi vous est pieux » (rapporté par Mouslim, n°2142). Il reprenait ainsi le sens du verset : « Ne vantez pas vous-mêmes votre pureté ; c’est Lui qui connaît le mieux celui qui est pieux » (sourate an-Najm, 53:32). Un prénom ne doit donc pas revendiquer pour son porteur une qualité que seul Allah peut lui accorder.
Une autre femme s’appelait ‘Assiya, « la rebelle », et il la nomma Jamila, « la belle » (rapporté par Mouslim, n°2139). Un homme s’appelait Hazn, « le rugueux », et il lui proposa Sahl, « le facile » (rapporté par al-Boukhari, n°6190). Dans chaque cas, le Prophète ﷺ remplace un nom dont le sens blesse ou dévalorise celui qui le porte.
Le Prophète ﷺ a même déconseillé des noms au sens pourtant positif, à cause de la gêne qu’ils créent dans l’usage. Il n’aimait pas que l’on nomme un enfant Rabah, Yassar, Aflah ou Nafi’, parce que l’on finit par demander « Untel est-il là ? » et à s’entendre répondre « non », ce qui revient à dire à voix haute « il n’y a pas de profit », « il n’y a pas de réussite » (rapporté par Mouslim, n°2136). Il a enfin qualifié le nom « roi des rois » de plus détestable auprès d’Allah (rapporté par al-Boukhari, n°6205, et Mouslim, n°2143), car aucune créature ne peut porter un titre de souveraineté absolue.
Vérifier le sens avant de choisir
Ces règles se ramènent à une vérification que vous pouvez mener vous-même. Avant d’arrêter votre choix, contrôlez quatre points :
- le sens exact du mot en arabe, et non la traduction approximative trouvée sur un site de prénoms ;
- la personne à laquelle il renvoie dans le Coran ou dans l’histoire de l’islam, car un même nom peut désigner un prophète ou un opposant ;
- la prononciation dans le pays où l’enfant grandira, pour éviter qu’une déformation ne lui donne un sens ridicule ou blessant ;
- l’absence de toute prétention à la piété ou de tout titre réservé à Allah.
Vous menez cette vérification bien plus vite en connaissant l’arabe, ne serait-ce qu’au niveau de la racine des mots. Rachid vient de la racine ر ش د, qui porte l’idée de droiture et de bon discernement. Sakina vient de س ك ن, qui évoque le fait de se poser et de s’apaiser. En remontant à la racine, vous choisissez sur le sens et non sur une impression sonore.
Les prénoms d’hommes cités dans le Coran : les vingt-cinq (25) prophètes
Le Coran nomme vingt-cinq prophètes. Ce sont, de loin, les prénoms masculins les plus sûrs que l’on puisse donner, puisqu’ils rattachent l’enfant à des hommes qu’Allah Lui-même a honorés dans Son Livre. Le tableau ci-dessous donne pour chacun la graphie arabe et une référence précise, sachant que la plupart d’entre eux apparaissent dans de nombreux autres passages.
| Prénom | En arabe | Sourate et verset | Repère |
| Adam | آدم | Al-Baqara, 2:31 | Le premier homme, à qui Allah enseigna tous les noms |
| Idris | إدريس | Maryam, 19:56 | « Un véridique et un prophète » |
| Nouh | نوح | Nouh, 71:1 | Une sourate entière porte son nom |
| Houd | هود | Houd, 11:50 | Envoyé au peuple de ‘Ad |
| Salih | صالح | Al-A’raf, 7:73 | Envoyé au peuple de Thamoud |
| Ibrahim | إبراهيم | Al-Baqara, 2:124 | L’ami intime d’Allah, père des prophètes |
| Loute | لوط | Al-A’raf, 7:80 | Neveu d’Ibrahim, envoyé à Sodome |
| Isma’il | إسماعيل | Al-Baqara, 2:127 | Bâtisseur de la Ka’ba avec son père |
| Ishaq | إسحاق | Houd, 11:71 | Annoncé à Ibrahim et à son épouse |
| Ya’qoub | يعقوب | Al-Baqara, 2:132 | Père des douze tribus, appelé aussi Israël |
| Youssouf | يوسف | Youssouf, 12:4 | Sa sourate est « le plus beau des récits » |
| Ayyoub | أيوب | Sad, 38:41 | Le modèle de la patience dans l’épreuve |
| Chou’ayb | شعيب | Al-A’raf, 7:85 | Envoyé aux gens de Madyan |
| Moussa | موسى | Ta-Ha, 20:11 | Celui à qui Allah a parlé directement |
| Haroun | هارون | Maryam, 19:53 | Frère de Moussa, prophète à ses côtés |
| Dhoul-Kifl | ذو الكفل | Al-Anbiya, 21:85 | Compté parmi les endurants |
| Dawoud | داود | Sad, 38:17 | Roi et prophète, à qui furent donnés les Psaumes |
| Soulayman | سليمان | An-Naml, 27:16 | Héritier de Dawoud, maître d’un règne unique |
| Ilyas | إلياس | As-Saffat, 37:123 | « Il était certes du nombre des Messagers » |
| Al-Yasa’ | اليسع | Al-An’am, 6:86 | Cité parmi les préférés d’Allah |
| Younous | يونس | As-Saffat, 37:139 | L’homme au poisson, sauvé par son invocation |
| Zakariyya | زكريا | Maryam, 19:2 | Exaucé dans sa vieillesse |
| Yahya | يحيى | Maryam, 19:7 | Le seul dont Allah dit avoir choisi le nom |
| ‘Issa | عيسى | Al ‘Imran, 3:45 | Fils de Maryam, « le Messie » |
| Mouhammad | محمد | Al-Fath, 48:29 | Le sceau des prophètes ﷺ |
Trois précisions complètent ce tableau. Le Prophète ﷺ est également appelé Ahmad dans le Coran, dans l’annonce faite par ‘Issa : « et annonçant la bonne nouvelle d’un Messager à venir après moi, dont le nom sera Ahmad » (sourate as-Saff, 61:6), ce qui fait d’Ahmad un prénom coranique à part entière. Dhoul-Kifl, ensuite, est un surnom plutôt qu’un prénom d’usage, et il ne se donne pratiquement pas. Enfin, la sourate 19 nous apprend que Yahya est le seul homme dont le Coran précise qu’Allah n’avait donné ce nom à personne avant lui : « Nous ne lui avons pas donné auparavant d’homonyme » (sourate Maryam, 19:7).
Les autres hommes nommés dans le Coran
En dehors des prophètes, le Coran cite par leur nom un petit nombre d’hommes, et trois d’entre eux portent des prénoms que l’on donne encore aujourd’hui.
Louqman (لقمان) est le sage à qui Allah a donné la sagesse et dont les conseils à son fils occupent le cœur de la sourate qui porte son nom : « Nous avons effectivement donné à Louqman la sagesse » (sourate Louqman, 31:12). Les savants divergent sur le fait qu’il ait été prophète ou simplement un homme pieux, mais son nom reste associé à l’éducation et au bon conseil.
‘Imran (عمران) est le père de Maryam, et sa famille est citée parmi les élus : « Certes, Allah a élu Adam, Nouh, la famille d’Ibrahim et la famille d’Imran au-dessus de tout le monde » (sourate al ‘Imran, 3:33). La troisième sourate du Coran porte son nom.
Zayd (زيد) est le seul Compagnon du Prophète ﷺ nommé dans le Coran. Il s’agit de Zayd ibn Haritha (qu’Allah l’agrée), affranchi et fils adoptif du Prophète ﷺ avant l’abolition de l’adoption au sens juridique : « Puis quand Zayd eut cessé toute relation avec elle, Nous te la fîmes épouser » (sourate al-Ahzab, 33:37). Ce prénom porte donc une distinction que peu de noms possèdent.
Le Coran nomme aussi Talout, le roi choisi pour les Enfants d’Israël (sourate al-Baqara, 2:247), et ‘Ouzayr, cité dans un verset de blâme adressé à ceux qui en firent un fils d’Allah (sourate at-Tawba, 9:30). Ces deux noms sont mentionnés dans le texte, mais ils ne sont pas entrés dans l’usage des prénoms musulmans. D’autres encore sont nommés pour être condamnés, comme Aazar, le père idolâtre d’Ibrahim (sourate al-An’am, 6:74), Jalout, le géant tué par Dawoud (sourate al-Baqara, 2:251), ou Qaroun et Haman, associés à l’orgueil et à la tyrannie (sourate al-Qasas, 28:6 et 28:76). Être cité dans le Coran ne signifie donc jamais, à soi seul, qu’un nom soit recommandable.
Les prénoms de femmes dans le Coran : le cas unique de Maryam
Maryam (مريم) est la seule femme désignée par son prénom dans tout le Coran. Beaucoup d’articles francophones l’oublient et présentent une demi-douzaine de prénoms féminins comme « cités dans le Coran », ce qui est inexact. Le nom de Maryam revient trente-quatre fois dans le texte, la dix-neuvième sourate le porte, et aucune autre femme n’y est nommée, ni parmi les épouses des prophètes, ni parmi les mères des croyants.
Le Coran lui consacre des versets d’une hauteur rare : « Ô Maryam, certes Allah t’a élue et purifiée ; et Il t’a élue au-dessus des femmes des mondes » (sourate al ‘Imran, 3:42). Son nom lui a été donné par sa mère : « Seigneur, voilà que j’ai mis au monde une fille, et je l’ai nommée Maryam » (sourate al ‘Imran, 3:36). Pour une fille, aucun prénom n’a de fondement coranique plus direct.
Les femmes présentes dans le Coran mais désignées sans leur nom
Plusieurs femmes sont présente dans le Coran sans que leur prénom y soit prononcé. On connaît ces prénoms par les hadiths, par les récits des exégètes ou par les traditions antérieures, ce qui reste une base solide pour les donner, mais ne permet pas de les appeler des prénoms coraniques au sens strict.
| Prénom | Comment le Coran la désigne | Sourate et verset |
| Assiya | « la femme de Pharaon », donnée en exemple aux croyants | At-Tahrim, 66:11 |
| Hawwa | « son épouse », celle d’Adam | Al-Baqara, 2:35 |
| Sarah | l’épouse d’Ibrahim, qui rit à l’annonce d’Ishaq | Houd, 11:71 |
| Bilqis | « une femme qui règne sur eux », la reine de Saba | An-Naml, 27:23 |
| Zulaykha | « la femme d’al-‘Aziz » | Youssouf, 12:30 |
| Hajar | non mentionnée dans le texte ; connue par les hadiths | al-Boukhari, n°3364 |
Ces prénoms restent d’excellents choix, et Assiya en particulier porte l’exemple d’une femme qu’Allah cite comme modèle pour tous les croyants. Il faut simplement savoir ce que l’on dit lorsqu’on les présente comme « cités dans le Coran ».
Prénoms de filles inspirés du vocabulaire du Coran
Puisque le texte ne nomme qu’une seule femme, la tradition musulmane a puisé les prénoms féminins dans le vocabulaire même du Coran. Ces mots désignent des réalités du Paradis, des qualités du croyant ou des bienfaits d’Allah, et chacun s’appuie sur un verset identifiable.
| Prénom | En arabe | Sens | Sourate et verset |
| Kawthar | الكوثر | Fleuve du Paradis, abondance | Al-Kawthar, 108:1 |
| Nour | نور | Lumière | An-Nour, 24:35 |
| Salsabil | سلسبيل | Source du Paradis | Al-Insan, 76:18 |
| Tasnim | تسنيم | Source réservée aux rapprochés | Al-Moutaffifin, 83:27 |
| Rayhana | ريحان | Plante odorante, senteur du Paradis | Al-Waqi’a, 56:89 |
| Sundus | سندس | Soie fine des habitants du Paradis | Al-Kahf, 18:31 |
| Firdaws | فردوس | Le plus haut degré du Paradis | Al-Kahf, 18:107 |
| Sakina | سكينة | Quiétude descendue dans les cœurs | Al-Fath, 48:4 |
| Rahma | رحمة | Miséricorde | Al-Anbiya, 21:107 |
| Houda | هدى | Guidée, bonne direction | Al-Baqara, 2:2 |
| Iman | إيمان | Foi | Al-Houjourat, 49:7 |
| Bouchra | بشرى | Bonne nouvelle | Youssouf, 12:19 |
| Aya | آية | Signe, verset | Al-Baqara, 2:106 |
| Chifa | شفاء | Guérison | Younous, 10:57 |
| Amal | أمل | Espérance | Al-Kahf, 18:46 |
| Marwa | المروة | Colline du pèlerinage, avec as-Safa | Al-Baqara, 2:158 |
Deux de ces prénoms demandent une précision. Nour est permis, car le mot désigne une lumière créée et le Coran l’emploie dans ce sens ; c’est la forme définie an-Nour, en tant qu’attribut d’Allah, qui ne se donne pas telle quelle. Rahma est permis lui aussi, à condition de ne pas lui substituer ar-Rahman, qui appartient à Allah seul.
Prénoms de garçons inspirés du vocabulaire du Coran
Le même principe vaut pour les garçons, avec cette différence que les prénoms masculins disposent déjà des vingt-cinq noms de prophètes. Les prénoms tirés du vocabulaire coranique viennent donc les compléter.
| Prénom | En arabe | Sens | Sourate et verset |
| ‘Abdoullah | عبد الله | Serviteur d’Allah | Al-Jinn, 72:19 |
| Mahmoud | محمود | Digne de louange, station promise au Prophète ﷺ | Al-Isra, 17:79 |
| Rachid | رشيد | Sensé, doué de bon discernement | Houd, 11:78 |
| Salim | سليم | Sain, intègre, en parlant du cœur | Ach-Chou’ara, 26:89 |
| Karim | كريم | Noble, généreux | Al-Waqi’a, 56:77 |
| Mounir | منير | Qui éclaire | Al-Ahzab, 33:46 |
| Siraj | سراج | Flambeau, lampe | Al-Fourqan, 25:61 |
| Amine | أمين | Digne de confiance | Ach-Chou’ara, 26:193 |
| Ayman | أيمن | De la droite, du côté béni de la vallée | Al-Qasas, 28:30 |
| Assil | أصيل | La fin de l’après-midi | Al-Fath, 48:9 |
| Yassine | يس | Ouverture de la sourate Ya-Sin | Ya-Sin, 36:1 |
| Taha | طه | Ouverture de la sourate Ta-Ha | Ta-Ha, 20:1 |
Yassine et Taha appellent une mise au point, car ces deux prénoms sont très répandus. Ils correspondent aux lettres qui ouvrent leurs sourates respectives, ce que l’on appelle les hourouf mouqatta’a, dont Allah seul connaît le sens véritable. Une opinion courante en fait des noms du Prophète ﷺ, mais des savants comme cheikh Ibn Baz ont rappelé que rien ne l’établit avec certitude. Les donner à un enfant reste permis ; il faut seulement éviter d’affirmer que l’on nomme ainsi son fils du nom du Prophète ﷺ.
Pourquoi parle-t-on des « 29 prénoms du Coran » ?
Ce chiffre ne correspond à aucun décompte fixé par les savants. C’est un total obtenu en additionnant les personnes nommées dans le Coran dont le nom peut servir de prénom.
Le calcul est le suivant : les vingt-cinq prophètes, auxquels s’ajoutent Louqman, ‘Imran et Zayd, soit vingt-huit prénoms masculins, puis Maryam, seul prénom féminin du texte. Le total est bien de vingt-neuf. Selon que l’on inclut ou non Ahmad comme second nom du Prophète ﷺ, Talout, ‘Ouzayr, ou que l’on écarte Dhoul-Kifl parce qu’il s’agit d’un surnom, on obtient vingt-sept, vingt-huit ou trente. C’est pourquoi les listes publiées en français ne tombent jamais tout à fait d’accord entre elles.
Ne vous arrêtez pas à ce chiffre pour autant. En ajoutant les mots du Coran devenus des prénoms et les noms de sourates que l’on donne aux filles, vous disposez de plusieurs dizaines de possibilités, toutes rattachées à un verset précis.
Comprendre le Coran dans sa langue avant de choisir un prénom
Beaucoup de parents s’appuient sur des listes de prénoms traduites, parfois approximatives, et découvrent des années plus tard que le sens réel n’était pas celui qu’on leur avait indiqué. Lire le verset dans sa langue d’origine et reconnaître la racine du nom règle la question dès le départ.
Nous vous accompagnons dans l’apprentissage de l’arabe en ligne, de l‘alphabet jusqu’à la lecture directe du Coran, pour que vous puissiez puiser vous-même dans le texte plutôt que de dépendre d’une traduction.
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Sources : le Coran, Sahih al-Boukhari, Sahih Mouslim, Sounan Abou Dawoud, Jami’ at-Tirmidhi, travaux de cheikh al-Albani et fatwas de cheikh Ibn Baz. Article rédigé et vérifié par l’équipe pédagogique de Merkez al-Bourhan, mis à jour en septembre 2026.
FAQ : Questions fréquentes sur les prénoms dans le Coran
Tout ce que vous devez savoir


