Qu’est-ce que la Sunnah ?

la signification de la sunna

Un matin, après la prière, le Prophète ﷺ adressa à ses Compagnons une exhortation si forte que les yeux se mirent à pleurer et que les cœurs tremblèrent. L’un d’eux lui dit : « On dirait le sermon de quelqu’un qui fait ses adieux, fais-nous donc une recommandation. » Parmi ce qu’il leur répondit :

« Attachez-vous à ma Sunna et à la Sunna des califes bien guidés après moi. Mordez-y avec vos molaires, et méfiez-vous des choses inventées. » (Rapporté par Abû Dâwûd n° 4607 et at-Tirmidhî n° 2676, qui l’a jugé hasan sahîh)

Au moment de dire adieu, c’est donc vers sa Sunna que le Prophète ﷺ oriente sa communauté. Encore faut-il savoir ce que ce mot recouvre, car il ne désigne pas tout à fait la même chose dans un dictionnaire, dans un livre de fiqh ou dans un recueil de hadiths. Nous reprenons ici la définition de la Sunna pas à pas : le sens du mot en arabe, ce qu’en disent les savants, sa place à côté du Coran et la manière dont elle nous est parvenue.

La Sunna en une phrase : en arabe, sunna (سُنَّة) signifie « voie » ou « conduite ». En islam, la Sunna désigne les paroles, les actes, les approbations et les qualités du Prophète Muhammad ﷺ. Elle est la deuxième source de la religion après le Coran, qu’elle explique et complète.

Que signifie le mot sunna en arabe ?

Le mot vient de la racine s-n-n (س ن ن), qui porte l’idée de tracer un chemin et de le suivre. Ibn Manẓûr, dans son grand dictionnaire Lisân al-‘Arab, définit la sunna comme « la voie et la conduite », qu’elle soit bonne ou mauvaise. Le pluriel est sunan (سُنَن).

Ce double sens se retrouve dans la bouche du Prophète ﷺ lui-même :

« Celui qui instaure dans l’islam une bonne sunna en aura la récompense, ainsi que la récompense de ceux qui la pratiqueront après lui, sans que rien ne soit diminué de leurs récompenses. Et celui qui instaure dans l’islam une mauvaise sunna en portera le fardeau, ainsi que le fardeau de ceux qui la pratiqueront après lui. » (Rapporté par Muslim, n° 1017)

Dans le Coran, le mot sert surtout à désigner la manière constante dont Allah agit envers les peuples, ce que l’on appelle sunnat Allah :

Sourate Al-Ahzâb, verset 62

سُنَّةَ اللَّهِ فِي الَّذِينَ خَلَوْا مِن قَبْلُ ۖ وَلَن تَجِدَ لِسُنَّةِ اللَّهِ تَبْدِيلًا

« Telle est la sunna d’Allah envers ceux qui ont vécu auparavant, et tu ne trouveras pas de changement à la sunna d’Allah. »

Le sens technique, « la Sunna du Prophète », s’est fixé ensuite, dans l’usage des Compagnons puis des savants.

Sunna, Sunnah ou Sounna : comment l’écrire ?

Vous croiserez les trois graphies, et toutes désignent le même mot. Les dictionnaires français (Larousse, Le Robert, l’Académie française) retiennent « sunna ». La forme « sunnah » vient de la transcription anglaise, qui note la lettre finale (le tâ’ marbûṭa). « Sounna » transcrit simplement la prononciation.

En arabe, on écrit سُنَّة. Le petit signe au-dessus du nûn est une chadda : elle double la lettre, d’où la prononciation [soun-na]. C’est de ce mot que vient « sunnite », d’après l’expression ahl as-sunna wal-jamâ‘a, « les gens de la Sunna et du groupe ». Si vous voulez lire ces mots sans passer par la transcription, notre méthode pour apprendre à lire et écrire l’arabe part de zéro.

La Sunna c’est quoi en islam ? Ce qu’en disent les savants

Beaucoup de malentendus viennent d’un détail : chaque discipline islamique regarde la Sunna avec ses propres questions. Quand un juriste vous dit « ce geste est sunna », il ne parle pas de la même chose qu’un spécialiste du hadith qui parle de « la Sunna ». Le tableau suivant résume les quatre usages.

Discipline Ce que « sunna » désigne Exemple
Science du hadith Tout ce qui est rapporté du Prophète ﷺ : paroles, actes, approbations, description physique et morale Sa façon de sourire
Fondements du droit (uṣûl al-fiqh) Ce qui, venant du Prophète ﷺ, sert de preuve pour établir une règle « Priez comme vous m’avez vu prier »
Jurisprudence (fiqh) Un acte recommandé : récompensé si on le fait, sans péché si on le délaisse Le siwak, les deux rak‘a avant le Fajr
Croyance (‘aqîda) La voie du Prophète ﷺ et de ses Compagnons, opposée à l’innovation (bid‘a) Ahl as-sunna

Pour les savants du hadith

Les muḥaddithûn retiennent la définition la plus large. Tout ce que l’on rapporte du Prophète ﷺ entre dans la Sunna, y compris sa biographie (sîra), son apparence et son caractère. Leur travail consiste à tout conserver, puis à distinguer l’authentique du faible.

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Pour les juristes : fard, sunna et sunna mu’akkada

En fiqh, chaque acte reçoit l’un des cinq statuts : obligatoire (farḍ ou wâjib), recommandé, permis, réprouvé ou interdit. Le mot « sunna » nomme ici le deuxième degré, celui de l’acte recommandé. Les quatre rak‘a de Dhohr sont farḍ ; les deux rak‘a que vous priez après sont sunna.

Les juristes distinguent encore la sunna mu’akkada, « appuyée », que le Prophète ﷺ pratiquait avec constance, et la sunna qu’il faisait de temps à autre. Les douze rak‘a quotidiennes qui accompagnent les prières obligatoires font partie de la première catégorie :

« Il n’est pas de serviteur musulman qui prie pour Allah, chaque jour, douze rak‘a volontaires en plus des prières obligatoires, sans qu’Allah lui bâtisse une maison au Paradis. » (Rapporté par Muslim, n° 728)

Dire d’un acte qu’il est « seulement sunna » passe donc à côté de l’essentiel. Les Compagnons tenaient à ces actes parce qu’ils comblent les manques des obligations et rapprochent le serviteur de son Seigneur.

En matière de croyance

Dans les livres de ‘aqîda, la Sunna désigne la voie suivie par le Prophète ﷺ et ses Compagnons dans la croyance et la pratique, par opposition aux nouveautés introduites dans la religion. C’est le sens du hadith cité en introduction, et c’est de lui que vient le nom de sunnite. Ce sens rejoint ce que nous expliquons sur l’islam, l’îmân et l’iḥsân, les trois niveaux de la religion enseignés par Jibrîl.

Paroles, actes, approbations : les formes de la Sunna

La Sunna du Prophète ﷺ nous parvient sous plusieurs formes. Les savants en retiennent trois qui servent à établir des règles, auxquelles s’ajoute la description de sa personne.

La première est la sunna qawliyya, ses paroles. « Les actes ne valent que par les intentions » (al-Bukhârî n° 1, Muslim n° 1907) en est sans doute l’exemple le plus connu. La deuxième, la sunna fi‘liyya, regroupe ses actes : sa manière de faire les ablutions, de prier, d’accomplir le pèlerinage. Lui-même disait aux pèlerins : « Prenez de moi vos rites » (Muslim n° 1297).

La troisième forme surprend souvent : la sunna taqrîriyya, ou approbation tacite. Un Compagnon fait ou dit quelque chose en présence du Prophète ﷺ, et celui-ci ne le reprend pas. Son silence vaut autorisation. Khâlid ibn al-Walîd mangea ainsi du lézard (ḍabb) à sa table ; le Prophète ﷺ n’en mangea pas, car ce n’était pas un plat de sa région, mais il ne l’interdit pas (al-Bukhârî n° 5391, Muslim n° 1946).

Enfin, les savants du hadith ajoutent la description du Prophète ﷺ, physique et morale. Anas ibn Mâlik, qui le servit dix ans, résumait : « Le Prophète ﷺ était le meilleur des hommes en caractère » (al-Bukhârî n° 6203, Muslim n° 2310).

Tout ce que faisait le Prophète ﷺ n’a pas pour autant valeur de loi. Les savants mettent à part ses gestes naturels (sa démarche, ses goûts alimentaires) et ses avis sur des questions techniques. À des cultivateurs de Médine à qui il avait donné un avis sur la pollinisation des palmiers, il dit : « Vous connaissez mieux les affaires de votre monde » (Muslim n° 2363). Imiter ses habitudes par amour reste louable pour beaucoup de savants : Ibn ‘Umar le faisait jusque dans les endroits où le Prophète ﷺ s’était arrêté en chemin.

Sunna et hadith : est-ce la même chose ?

On emploie souvent les deux mots l’un pour l’autre, et ils sont très proches. La nuance tient en une phrase : le hadith est le récit qui transmet, la Sunna est la voie qu’il transmet.

Un hadith se compose d’une chaîne de transmetteurs (isnâd) et d’un texte (matn). Chaque hadith reçoit un degré d’authenticité : ṣaḥîḥ (authentique), ḥasan (bon), ḍa‘îf (faible) ou mawḍû‘ (inventé). Un hadith faible ne suffit pas à établir une sunna, alors qu’une même sunna repose souvent sur plusieurs hadiths authentiques. Certaines sunan nous sont aussi parvenues par la pratique de générations entières, comme le nombre de rak‘a de chaque prière.

Le hadith qudsi forme un cas à part : le Prophète ﷺ y rapporte une parole d’Allah qui ne fait pas partie du Coran. Nous lui avons consacré un article : qu’est-ce qu’un hadith qudsi ?

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Pourquoi la Sunna est la deuxième source de l’islam

Le Coran lui-même ordonne de suivre le Prophète ﷺ. Les versets sont nombreux ; en voici trois qui suffisent à poser la règle.

Sourate Al-Ḥashr, verset 7

وَمَا آتَاكُمُ الرَّسُولُ فَخُذُوهُ وَمَا نَهَاكُمْ عَنْهُ فَانتَهُوا

« Ce que le Messager vous donne, prenez-le ; et ce qu’il vous interdit, abstenez-vous-en. »

Sourate An-Naḥl, verset 44

وَأَنزَلْنَا إِلَيْكَ الذِّكْرَ لِتُبَيِّنَ لِلنَّاسِ مَا نُزِّلَ إِلَيْهِمْ

« Et Nous avons fait descendre vers toi le Rappel, pour que tu exposes clairement aux gens ce qu’on a fait descendre pour eux. »

Sourate An-Najm, versets 3 et 4

وَمَا يَنطِقُ عَنِ الْهَوَىٰ ۝ إِنْ هُوَ إِلَّا وَحْيٌ يُوحَىٰ

« Et il ne prononce rien sous l’effet de la passion ; ce n’est rien d’autre qu’une révélation inspirée. »

Le verset 44 de sourate An-Naḥl confie au Prophète ﷺ la mission d’expliquer le Coran : sa Sunna est cette explication. Le verset 113 de sourate An-Nisâ’ va dans le même sens, quand il rappelle qu’Allah a fait descendre sur lui « le Livre et la Sagesse ». L’imam ash-Shâfi‘î explique dans ar-Risâla que cette Sagesse (al-ḥikma), citée à côté du Livre, désigne la Sunna.

Le Prophète ﷺ a dit de son côté :

« On m’a donné le Livre, et avec lui son équivalent. » (Rapporté par Abû Dâwûd, n° 4604)

Et, à des Compagnons qui voulaient jeûner sans interruption, prier toute la nuit et renoncer au mariage : « Celui qui se détourne de ma Sunna n’est pas des miens » (al-Bukhârî n° 5063, Muslim n° 1401).

C’est aussi ce qu’engage la chahâda. Attester que Muhammad est le Messager d’Allah, c’est accepter de croire ce qu’il a annoncé et de suivre ce qu’il a enseigné. Nous développons ce point dans notre article sur la foi en islam.

Le rôle de la Sunna par rapport au Coran

Essayez de prier en vous servant du seul Coran. Vous y trouverez l’ordre d’accomplir la prière, des allusions à ses moments, l’inclinaison et la prosternation. Vous n’y trouverez ni le nombre de rak‘a de chaque prière, ni ce qu’il faut dire en position assise. Tout cela, vous le tenez de la Sunna, et du hadith : « Priez comme vous m’avez vu prier » (al-Bukhârî n° 631). Le tachahoud que vous récitez à chaque prière en vient directement.

Les savants décrivent quatre rôles de la Sunna face au Coran. Elle confirme d’abord ce que le Coran pose déjà, comme l’interdiction de prendre injustement les biens d’autrui. Elle détaille ensuite ce que le Coran ordonne en termes généraux : la prière, le jeûne, ou encore les seuils et les taux de la zakat al-maal.

Elle précise aussi la portée de certains versets. Les versets de l’héritage (sourate An-Nisâ’, verset 11) sont généraux ; la Sunna en exclut le cas où l’héritier et le défunt n’ont pas la même religion : « Le musulman n’hérite pas du mécréant, ni le mécréant du musulman » (al-Bukhârî n° 6764, Muslim n° 1614). Enfin, elle établit des règles que le Coran ne mentionne pas, comme l’interdiction d’épouser en même temps une femme et sa tante (al-Bukhârî n° 5109, Muslim n° 1408).

Ceux qui prétendent s’en tenir au « Coran seul » butent sur ce constat : le Coran les renvoie lui-même vers le Prophète ﷺ pour le comprendre.

Comment la Sunna nous est-elle parvenue ?

Les Compagnons ont d’abord retenu la Sunna par cœur, dans une culture où la mémoire tenait lieu de bibliothèque. Certains l’écrivaient déjà du vivant du Prophète ﷺ. Abû Hurayra, le plus grand transmetteur de hadiths, reconnaissait que ‘Abdullâh ibn ‘Amr en savait plus que lui, « car il écrivait et je n’écrivais pas » (al-Bukhârî n° 113).

À la fin du premier siècle de l’hégire, le calife ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azîz craignit que la mort des savants n’emporte cette connaissance. Il demanda qu’on mette les hadiths par écrit, et Ibn Shihâb az-Zuhrî (mort en 124 H) fut l’un des premiers à s’y consacrer. Au siècle suivant, l’imam Mâlik (mort en 179 H) composa al-Muwaṭṭa’, classé par thèmes de fiqh.

Le troisième siècle est celui des grands recueils. L’imam Aḥmad réunit son Musnad, puis paraissent les six livres que les musulmans consultent encore aujourd’hui : les Ṣaḥîḥ d’al-Bukhârî et de Muslim, et les Sunan d’Abû Dâwûd, d’at-Tirmidhî, d’an-Nasâ’î et d’Ibn Mâja.

Pour trier ces milliers de récits, les savants ont bâti une science entière : l’étude des chaînes de transmission et de la biographie de chaque transmetteur. ‘Abdullâh ibn al-Mubârak disait : « L’isnâd fait partie de la religion. Sans l’isnâd, chacun dirait ce qu’il veut » (rapporté dans l’introduction du Ṣaḥîḥ de Muslim).

Vivre la Sunna du Prophète ﷺ au quotidien

La Sunna ne reste pas dans les livres. Elle accompagne votre journée du réveil au coucher, souvent par des gestes très simples.

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Le matin et le soir, le Prophète ﷺ récitait des invocations que vous pouvez reprendre telles quelles : nous les avons rassemblées dans nos pages sur l’invocation du matin et les invocations du soir. Avant de manger, il disait Bismillah, et il enseigna à un enfant : « Mentionne le nom d’Allah, mange de ta main droite et mange de ce qui est devant toi » (al-Bukhârî n° 5376, Muslim n° 2022).

Autour de la prière, il utilisait le siwak, priait les rak‘a surérogatoires de Dhohr ou d’Isha et prolongeait la prière par des invocations après le salâm. Avec les gens, il saluait le premier, et il rappelait : « Ton sourire à ton frère est une aumône » (at-Tirmidhî n° 1956).

Le vendredi a ses propres sunan : le grand lavage, le parfum, la lecture de la sourate Al-Kahf et les invocations du vendredi. Nous les détaillons dans notre article sur la Jumu‘ah. Pendant le Ramadan, il recommandait de prendre le sahour, « car il y a une bénédiction dans le sahour » (al-Bukhârî n° 1923, Muslim n° 1095). Le soir venu, il dormait sur le côté droit après avoir fait ses ablutions, en récitant l’invocation du coucher (al-Bukhârî n° 247, Muslim n° 2710).

Par où commencer pour apprendre la Sunna ?

Commencez par ce qui est obligatoire, puis ajoutez les sunan une à une : le Prophète ﷺ aimait l’acte régulier, même petit, plus que l’effort qu’on abandonne au bout d’une semaine. Pour la lecture, deux livres de l’imam an-Nawawî forment une bonne porte d’entrée en français : Les quarante hadiths, puis Riyâḍ aṣ-Ṣâliḥîn, classé par thèmes. Avant de partager un hadith, vérifiez son recueil et son degré, et posez vos questions de pratique à un enseignant ou à un savant reconnu (voir qu’est-ce qu’une fatwa ?).

À terme, rien ne remplace la lecture des hadiths dans leur langue. Une traduction choisit toujours un sens parmi plusieurs, et vous perdez la force des mots choisis par le Prophète ﷺ. C’est l’une des raisons pour lesquelles apprendre l’arabe compte autant en islam.

Pour conclure

La Sunna est la voie du Prophète ﷺ : ce qu’il a dit, ce qu’il a fait, ce qu’il a approuvé et ce qu’il était. Elle explique le Coran, en détaille les ordres et le complète, et les savants l’ont préservée avec un soin sans équivalent. La suivre, c’est prendre pour modèle celui qu’Allah a choisi pour cela :

Sourate Al-Ahzâb, verset 21

لَّقَدْ كَانَ لَكُمْ فِي رَسُولِ اللَّهِ أُسْوَةٌ حَسَنَةٌ

« En effet, vous avez dans le Messager d’Allah un excellent modèle. »

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Questions fréquentes sur la Sunna

Tout ce que vous devez savoir

La Sunna est-elle obligatoire ?

+
Suivre la Sunna dans son ensemble est une obligation, puisque le Coran ordonne d’obéir au Messager ﷺ (sourate An-Nisâ’, verset 59). Mais lorsqu’un juriste qualifie un acte de « sunna », il veut dire que cet acte est recommandé : vous êtes récompensé si vous le faites, sans péché si vous le délaissez.

Quelle est la différence entre le Coran et la Sunna ?

+
Le Coran est la parole d’Allah, dans sa lettre et dans son sens ; on le récite dans la prière. La Sunna vient aussi de la révélation, mais le Prophète ﷺ l’a exprimée avec ses propres mots, et elle nous parvient par des hadiths de degrés différents.

Qui a écrit la Sunna ?

+
Personne ne l’a écrite comme un livre unique. Les Compagnons l’ont mémorisée et en partie notée, puis des savants comme Mâlik, al-Bukhârî et Muslim l’ont rassemblée dans des recueils entre le deuxième et le troisième siècle de l’hégire.

Que veut dire sunna en français ?

+
On traduit sunna par « voie », « coutume » ou « tradition ». Pour la Sunna du Prophète ﷺ, on parle aussi de « tradition prophétique ».

C’est quoi une sunna mu’akkada ?

+
C’est une sunna que le Prophète ﷺ pratiquait avec constance et délaissait rarement, comme les deux rak‘a avant la prière du Fajr. Les savants déconseillent de l’abandonner sans raison.

Où lire la Sunna du Prophète ﷺ ?

+
Dans les recueils de hadiths : les Ṣaḥîḥ d’al-Bukhârî et de Muslim, les quatre Sunan, le Muwaṭṭa’ de Mâlik et le Musnad d’Aḥmad. Pour débuter en français, Riyâḍ aṣ-Ṣâliḥîn de l’imam an-Nawawî reste le choix le plus accessible.
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