Les grandes ablutions, al ghusl (الغُسْل) en arabe, consistent à laver le corps entier avec l’intention de se purifier d’une impureté majeure. Elles deviennent obligatoires après un rapport intime, une émission de sperme, la fin des règles ou la fin des lochies. Pour les accomplir, vous formulez l’intention dans votre cœur, vous dites Bismillah, vous lavez vos mains puis vos parties intimes, vous faites les petites ablutions, vous versez l’eau trois fois sur la tête en frottant la racine des cheveux, puis vous faites couler l’eau sur tout le corps en commençant par le côté droit. La méthode est la même pour l’homme et pour la femme. Le Prophète ﷺ n’a enseigné aucune invocation propre au lavage lui-même, et l’on prononce l’attestation de foi une fois le ghusl terminé.
Chacun de ces gestes vient d’un hadith que vous trouverez plus bas avec sa référence, et quelques détails varient selon votre situation, qu’il s’agisse d’une barbe fournie, de tresses serrées ou de la sortie des règles. Avant la méthode, arrêtons-nous sur le mot et sur l’état qu’il vient lever.
Que signifie al ghusl ?
Le mot ghusl (غُسْل) vient de la racine gh-s-l (غ س ل), qui porte l’idée de laver. L’arabe distingue ghasl, le fait de laver n’importe quoi, un vêtement ou une assiette, et ghousl, avec la voyelle ou, que les juristes réservent au lavage rituel du corps entier. En français, on parle de grandes ablutions, d’ablutions majeures ou de lavage rituel, par opposition aux petites ablutions, le woudou, qui concernent le visage, les bras, la tête et les pieds.
L’état qui rend le ghusl nécessaire s’appelle al-hadath al-akbar, l’impureté majeure. Après un rapport ou une émission de sperme, on parle de janaba (جَنَابَة), et la personne concernée est dite jounoub. La racine j-n-b exprime l’éloignement, car le jounoub se tient à l’écart de la prière jusqu’à ce qu’il se soit lavé. Cet état est rituel. Le corps du jounoub reste pur, sa sueur aussi, et il peut serrer une main, cuisiner ou porter son enfant. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) s’était un jour esquivé pour éviter le Prophète ﷺ parce qu’il se trouvait en état de janaba, et celui-ci lui dit :
« Gloire à Allah ! Le croyant ne devient pas impur. »
Rapporté par al-Boukhari (n°283) et Mouslim (n°371)
L’obligation, elle, vient du Coran.
« Et si vous êtes en état d’impureté majeure, purifiez-vous. »
Sourate al-Ma’ida, 5:6
Un second verset interdit la prière au jounoub « jusqu’à ce que vous vous soyez lavés » (sourate an-Nisa, 4:43), avec le verbe taghtasilou, tiré de la même racine que ghusl.
Quand faire les grandes ablutions ?
1. L’émission de sperme
Qu’elle survienne pendant l’éveil ou pendant le sommeil, chez l’homme comme chez la femme, l’émission de maniy accompagnée de plaisir impose le ghusl. Pour le rêve érotique, le critère est la trace que vous trouvez au réveil. Oumm Soulaym (qu’Allah l’agrée) vint dire au Prophète ﷺ : « Ô Messager d’Allah, Allah n’a pas honte de la vérité. La femme doit-elle faire le ghusl lorsqu’elle a fait un rêve érotique ? » Il répondit :
« Oui, si elle voit le liquide. »
Rapporté par al-Boukhari (n°282) et Mouslim (n°313)
Si vous vous souvenez d’un rêve sans trouver de trace, vous n’avez rien à faire. Si vous trouvez une trace sans aucun souvenir de rêve, vous devez vous laver.
2. Le rapport intime, même sans éjaculation
Le ghusl incombe aux deux époux dès la pénétration, que l’acte soit allé à son terme ou non.
« Lorsque l’homme s’assied entre ses quatre membres puis s’unit à elle, le ghusl devient obligatoire. »
Rapporté par al-Boukhari (n°291) et Mouslim (n°348), dont la version ajoute « même s’il n’éjacule pas »
Les caresses et les préliminaires, eux, n’imposent pas les grandes ablutions tant qu’il n’y a ni pénétration ni émission de sperme. Le liquide clair et filant qui sort sous l’effet du désir s’appelle le madhy. ‘Ali ibn Abi Talib (qu’Allah l’agrée), qui y était sujet, fit interroger le Prophète ﷺ à ce propos. Celui-ci répondit qu’il lui suffisait de laver son sexe et de faire les petites ablutions (al-Boukhari n°269, Mouslim n°303).
3. La fin des règles
Le Coran demande aux époux d’attendre que la femme se soit purifiée après ses menstrues (sourate al-Baqara, 2:222), et le Prophète ﷺ a précisé l’ordre des choses à Fatima bint Abi Houbaysh (qu’Allah l’agrée).
« Lorsque tes règles arrivent, cesse la prière. Lorsqu’elles s’en vont, lave-toi et prie. »
Rapporté par al-Boukhari (n°320) et Mouslim (n°333)
4. La fin des lochies
Le sang qui suit l’accouchement, an-nifas, obéit aux mêmes règles que les menstrues. La femme fait le ghusl dès que le sang s’arrête, sans attendre un nombre de jours déterminé. Les écoles hanafite et hanbalite fixent la durée maximale des lochies à quarante jours, les écoles malikite et chafiite à soixante.
5. La conversion à l’islam
Quand Qays ibn ‘Asim (qu’Allah l’agrée) embrassa l’islam, le Prophète ﷺ lui ordonna de se laver avec de l’eau et du jujubier (Abou Dawoud n°355, at-Tirmidhi n°605, authentifié par cheikh al-Albani). L’école hanbalite y voit une obligation dans tous les cas. Les autres écoles recommandent ce ghusl et ne l’imposent que si la personne se trouvait en état de janaba avant sa conversion.
Reste le lavage du défunt musulman, une obligation qui pèse sur les vivants et que la communauté assume ensemble avant la prière mortuaire.
Quand faire les grandes ablutions pour un homme, et pour une femme ?
Pour un homme, les grandes ablutions s’imposent dans deux situations de la vie courante, après un rapport avec pénétration et après toute émission de sperme, rêve nocturne compris. La femme partage ces deux causes et en ajoute deux qui lui sont propres, la fin des règles et la fin des lochies.
| Situation | Qui est concerné | Statut du ghusl | Référence |
| Rapport intime avec pénétration | Homme et femme | Obligatoire | Al-Boukhari n°291, Mouslim n°348 |
| Émission de sperme à l’état d’éveil | Homme et femme | Obligatoire | Al-Ma’ida 5:6 |
| Rêve érotique avec trace au réveil | Homme et femme | Obligatoire | Al-Boukhari n°282, Mouslim n°313 |
| Rêve érotique sans trace | Homme et femme | Aucun ghusl | Même hadith |
| Madhy, caresses, préliminaires | Homme et femme | Petites ablutions | Al-Boukhari n°269, Mouslim n°303 |
| Fin des règles | Femme | Obligatoire | Al-Baqara 2:222, al-Boukhari n°320 |
| Fin des lochies | Femme | Obligatoire | Consensus des savants |
| Conversion à l’islam | Homme et femme | Obligatoire ou recommandé selon les écoles | Abou Dawoud n°355 |
| Prière du vendredi | Ceux qui s’y rendent | Fortement recommandé | Al-Boukhari n°879, Mouslim n°846 |
| Les deux Aïd, entrée en ihram | Homme et femme | Recommandé | Al-Mouwatta, at-Tirmidhi n°830 |
Rien ne vous oblige à vous laver dans la minute. Vous devez avoir fait le ghusl avant la prochaine prière obligatoire, pour ne pas en laisser passer l’heure. ‘Oumar ibn al-Khattab (qu’Allah l’agrée) demanda au Prophète ﷺ si l’on pouvait dormir en état de janaba, et il répondit « Oui, s’il fait ses petites ablutions » (al-Boukhari n°287, Mouslim n°306).
En attendant, l’état de janaba vous interdit la prière, le tawaf autour de la Ka’ba, le contact direct avec le moushaf, la récitation du Coran, et le fait de vous installer dans la mosquée. Le jeûne, lui, reste valide. ‘Aïcha et Oumm Salama (qu’Allah les agrée) rapportent que l’aube trouvait parfois le Prophète ﷺ en état de janaba, qu’il faisait alors le ghusl et qu’il jeûnait (al-Boukhari n°1925 et 1926, Mouslim n°1109).
Les grandes ablutions recommandées
Le Prophète ﷺ a dit que « le ghusl du vendredi est un devoir pour toute personne pubère » (al-Boukhari n°879, Mouslim n°846). La majorité des savants lisent ce devoir comme une recommandation appuyée, en raison d’un autre hadith, « Celui qui fait ses ablutions le vendredi a bien fait, et celui qui fait le ghusl, le ghusl est meilleur » (Abou Dawoud n°354, at-Tirmidhi n°497, jugé hasan). Ibn ‘Oumar (qu’Allah les agrée) se lavait le matin de l’Aïd avant de partir pour le lieu de prière (al-Mouwatta), et le Prophète ﷺ fit le ghusl avant d’entrer en état de sacralisation pour le pèlerinage (at-Tirmidhi n°830). Si vous êtes en état de janaba un vendredi, un seul ghusl avec les deux intentions vaut pour les deux.
Comment faire les grandes ablutions, étape par étape
Le ghusl suffisant
Votre ghusl est valide dès que deux conditions sont réunies, l’intention de lever l’impureté majeure et l’eau qui atteint tout le corps, cheveux et peau compris. Lors d’un voyage, le Prophète ﷺ tendit un récipient d’eau à un homme en état de janaba et lui dit « Va et verse-la sur toi » (al-Boukhari n°344), sans rien ajouter. Les écoles hanafite et hanbalite exigent en plus le rinçage de la bouche et du nez. L’école malikite demande de frotter le corps avec la main, ce qu’elle nomme dalk, et d’enchaîner les gestes sans interruption. Rincez-vous la bouche et le nez, passez la main sur votre peau, et vous serez en règle avec les quatre écoles.
Une douche ordinaire devient donc un ghusl si vous y entrez avec l’intention et si l’eau passe partout. Sans intention, vous êtes propre et toujours en état de janaba.
Le ghusl complet, selon la sounnah
La description la plus précise vient de la maison du Prophète ﷺ.
« Lorsque le Prophète ﷺ faisait le ghusl de la janaba, il commençait par se laver les mains. Il faisait ensuite ses ablutions comme pour la prière, puis il plongeait ses doigts dans l’eau et en frottait la racine de ses cheveux. Il versait alors trois poignées d’eau sur sa tête, puis il faisait couler l’eau sur toute sa peau. »
Rapporté par al-Boukhari (n°248) et Mouslim (n°316), d’après ‘Aïcha (qu’Allah l’agrée)
Maymouna (qu’Allah l’agrée) complète ce récit. Elle précise qu’il lavait ses parties intimes de la main gauche, qu’il frottait ensuite cette main contre le sol, et qu’il s’écartait à la fin pour se laver les pieds (al-Boukhari n°249, Mouslim n°317). En réunissant les deux hadiths, on obtient l’ordre suivant.
- Formulez l’intention dans votre cœur de vous purifier de l’impureté majeure, sans la prononcer.
- Dites Bismillah.
- Lavez vos mains trois fois.
- Lavez vos parties intimes de la main gauche, puis nettoyez cette main au savon.
- Faites les petites ablutions complètes, comme pour la prière. Vous pouvez laver vos pieds à ce moment ou les garder pour la fin, comme dans le récit de Maymouna.
- Versez l’eau sur votre tête trois fois, en massant avec les doigts jusqu’à ce qu’elle mouille le cuir chevelu.
- Faites couler l’eau sur tout le corps, le côté droit puis le côté gauche, en passant la main sur la peau.
- Vérifiez les endroits où l’eau glisse sans entrer, comme le nombril, les aisselles, l’arrière des oreilles, les plis de la peau et l’espace entre les orteils.
Le côté droit passe en premier parce que le Prophète ﷺ aimait commencer par la droite dans sa purification (al-Boukhari n°168, Mouslim n°268). Il se lavait avec un sâ’ d’eau, soit environ trois litres (al-Boukhari n°201, Mouslim n°325). Le ghusl ne réclame donc ni beaucoup d’eau ni beaucoup de temps.
Un ghusl accompli de cette manière vous dispense de refaire les petites ablutions. ‘Aïcha (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète ﷺ ne faisait pas d’ablutions après le ghusl (at-Tirmidhi n°107, authentifié par cheikh al-Albani). Si vous touchez votre sexe à main nue en cours de route, ou si un gaz s’échappe, le ghusl reste valide et vous n’aurez que le woudou à refaire avant de prier.
Grandes ablutions de l’homme, les points à surveiller
Le ghusl de l’homme tient en entier dans les huit étapes qui précèdent. L’oubli le plus courant concerne la barbe. Dans les petites ablutions, une barbe épaisse se lave en surface. Dans le ghusl, l’eau doit atteindre la peau du menton et des joues, comme elle atteint le cuir chevelu, et vous devez donc y passer les doigts. Le hadith de ‘Aïcha parle de frotter la racine des cheveux, et les savants appliquent la même exigence à tous les poils du corps.
Le premier rêve suivi d’une émission marque la puberté du garçon. C’est le moment de lui apprendre le ghusl. Un adolescent gêné, qui n’ose rien demander, prie parfois des semaines sans s’être purifié. Dites-lui aussi qu’un vêtement taché ne l’empêche pas de prier une fois lavé ou gratté. ‘Aïcha (qu’Allah l’agrée) grattait le sperme séché sur le vêtement du Prophète ﷺ, qui priait ensuite avec (Mouslim n°288).
Après plusieurs rapports dans la même nuit, un seul ghusl suffit (Mouslim n°309). Le Prophète ﷺ a recommandé de faire les petites ablutions entre deux rapports (Mouslim n°308), comme avant de dormir.
Grandes ablutions pour les femmes, ce qui change
Le ghusl de la femme suit les mêmes obligations et le même ordre que celui de l’homme. Le Prophète ﷺ a ajouté pour elle des précisions sur les cheveux, sur la sortie des règles et sur les prières à reprendre. Elle lave l’extérieur de ses parties intimes et n’a pas à faire pénétrer l’eau à l’intérieur.
Les cheveux et les tresses
Oumm Salama (qu’Allah l’agrée) posa la question que se posent encore les femmes aux cheveux tressés : « Ô Messager d’Allah, je suis une femme qui serre fort ses tresses. Dois-je les défaire pour le ghusl de la janaba ? »
« Non. Il te suffit de verser trois poignées d’eau sur ta tête, puis de répandre l’eau sur toi, et tu seras purifiée. »
Rapporté par Mouslim (n°330)
L’eau doit mouiller le cuir chevelu, et c’est la seule exigence. Vous n’avez besoin ni de shampoing ni de démêlage, et un brushing ou des tresses ne dispensent pas de mouiller la racine. Pour le ghusl qui suit les règles, l’école hanbalite demande de défaire les tresses. La majorité des savants le recommandent sans l’imposer, pourvu que l’eau arrive jusqu’à la peau.
Le vernis à ongles, lui, forme une pellicule étanche. Retirez-le avant le ghusl, car l’eau doit toucher l’ongle. Le Prophète ﷺ renvoya un homme qui avait laissé sur son pied une surface sèche de la taille d’un ongle en lui disant « Retourne et parfais tes ablutions » (Mouslim n°243). Le henné colore sans faire écran et ne pose aucun problème.
Le ghusl après les règles
Une femme des Ansar interrogea le Prophète ﷺ sur la manière de se laver à la fin des menstrues.
« Que l’une de vous prenne son eau et son jujubier, puis qu’elle se purifie avec soin. Qu’elle verse ensuite l’eau sur sa tête et la frotte avec force, jusqu’à la racine des cheveux, puis qu’elle fasse couler l’eau sur elle. Qu’elle prenne enfin un morceau de coton imprégné de musc et se purifie avec. »
Rapporté par Mouslim (n°332), d’après ‘Aïcha (qu’Allah l’agrée)
Le jujubier servait de savon, et votre gel douche le remplace. Le coton musqué se passe sur la trace du sang pour en chasser l’odeur. Un parfum sans alcool ou une huile parfumée fait le même office, et ce geste reste une recommandation.
Reconnaître la fin des règles
Vous reconnaissez la pureté à l’un de ces deux signes, la sécheresse complète, lorsqu’un coton ressort propre, ou l’écoulement blanc que les juristes appellent al-qassa al-bayda. Des femmes envoyaient à ‘Aïcha (qu’Allah l’agrée) des cotons encore teintés de jaune pour savoir si elles pouvaient prier, et elle leur répondait : « Ne vous hâtez pas, attendez de voir la perte blanche » (rapporté par Malik dans al-Mouwatta et cité par al-Boukhari dans son chapitre sur les menstrues).
Une fois le ghusl fait, les pertes brunes ou jaunâtres ne comptent plus. Oumm ‘Atiyya (qu’Allah l’agrée) a dit : « Nous ne tenions aucun compte des pertes brunâtres et jaunâtres après la purification » (Abou Dawoud n°307, authentifié par cheikh al-Albani). Vous refaites vos petites ablutions et vous priez.
Les prières à reprendre
Dès que vous êtes pure, vous devez la prière dont l’heure court encore. La majorité des savants, malikites, chafiites et hanbalites, y ajoutent la prière qui se regroupe avec elle. Si la pureté arrive avant le coucher du soleil, vous priez le dhouhr et le ‘asr. Si elle arrive avant l’aube, vous priez le maghrib et le ‘icha. Cet avis remonte à ‘Abd ar-Rahman ibn ‘Awf et à Ibn ‘Abbas (qu’Allah les agrée). L’école hanafite s’en tient à la prière du moment. Les prières manquées pendant les règles ne se rattrapent pas, à la différence des jours de jeûne (al-Boukhari n°321, Mouslim n°335).
Si vos règles arrivent alors que vous étiez en état de janaba, un seul ghusl à la fin lève les deux états.
Ghusl et invocation, que dire avant et après ?
L’intention ne se prononce pas. Elle se forme dans le cœur au moment où vous entrez sous l’eau, d’après le hadith « Les actes ne valent que par les intentions » (al-Boukhari n°1, Mouslim n°1907). Les formules du type « j’ai l’intention de faire le ghusl pour… » ne viennent ni du Prophète ﷺ ni de ses Compagnons.
Avant de commencer, vous dites la basmala.
بِسْمِ اللَّهِ
Bismillah.
« Au nom d’Allah. »
Rapporté par Abou Dawoud (n°101) à propos des petites ablutions, jugé hasan par cheikh al-Albani
Plusieurs savants contemporains, dont cheikh Ibn Baz, autorisent à la prononcer même dans une salle de bain, parce que le besoin lève la réprobation attachée à ce lieu. Si les toilettes s’y trouvent, vous pouvez la dire à voix basse.
Pendant le lavage, vous ne dites rien. Les « douas des grandes ablutions » qui circulent en ligne, avec une formule pour chaque membre lavé, ne reposent sur aucun hadith authentique. L’imam an-Nawawi a écrit de ces invocations des membres qu’elles n’ont pas de fondement.
Après le ghusl, vous prononcez l’attestation que le Prophète ﷺ a enseignée pour la fin des ablutions. Celui qui la dit voit les huit portes du Paradis s’ouvrir devant lui, et il entre par celle qu’il veut.
أَشْهَدُ أَنْ لَا إِلَٰهَ إِلَّا اللَّهُ وَحْدَهُ لَا شَرِيكَ لَهُ، وَأَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّدًا عَبْدُهُ وَرَسُولُهُ
Ach-hadou an la ilaha illa Llahou wahdahou la charika lah, wa ach-hadou anna Mouhammadan ‘abdouhou wa raçoulouh.
« J’atteste qu’il n’y a de divinité digne d’adoration qu’Allah, Seul, sans associé, et j’atteste que Mouhammad est Son serviteur et Son messager. »
Rapporté par Mouslim (n°234)
Vous pouvez la faire suivre de cette demande.
اللَّهُمَّ اجْعَلْنِي مِنَ التَّوَّابِينَ، وَاجْعَلْنِي مِنَ الْمُتَطَهِّرِينَ
Allahoumma j’alni mina t-tawwabin, wa j’alni mina l-moutatahhirin.
« Ô Allah, place-moi parmi ceux qui se repentent, et place-moi parmi ceux qui se purifient. »
Rapporté par at-Tirmidhi (n°55), authentifié par cheikh al-Albani
Le Prophète ﷺ a enseigné ces deux formules pour les petites ablutions. L’imam an-Nawawi écrit dans al-Adhkar qu’il est recommandé à celui qui fait le ghusl de dire tout ce que dit celui qui fait le woudou, basmala comprise, et le ghusl complet contient de toute façon des petites ablutions. Dites-les en sortant de la salle de bain.
Sans eau, avec un plâtre ou une blessure
Si vous n’avez pas d’eau, ou si l’eau met votre santé en danger, le tayammoum remplace le ghusl comme il remplace les petites ablutions. Le verset qui ordonne de se purifier de la janaba se poursuit par cette permission (sourate al-Ma’ida, 5:6). ‘Ammar ibn Yasir (qu’Allah l’agrée), en état de janaba et sans eau, s’était roulé dans la poussière. Le Prophète ﷺ lui montra qu’il suffisait de frapper le sol une fois avec les paumes, de souffler dessus, puis de les passer sur le visage et sur les mains (al-Boukhari n°338, Mouslim n°368).
Cette purification dure jusqu’à ce que vous retrouviez l’eau. L’homme à qui le Prophète ﷺ tendit un récipient en disant « Va et verse-la sur toi » avait d’abord reçu l’ordre d’utiliser la terre, tant que l’eau manquait.
Avec un plâtre ou un pansement que vous ne pouvez pas retirer, lavez le reste du corps et passez une main mouillée sur le bandage. Dans une piscine, une rivière ou la mer, il vous suffit de vous immerger en entier avec l’intention, après avoir rincé la bouche et le nez.
Le vocabulaire arabe des grandes ablutions
Les ouvrages de jurisprudence, les fatwas et les cours de mosquée emploient ces termes sans les traduire. Les connaître vous évite de confondre deux règles qui n’ont pas le même objet.
| Mot arabe | Prononciation | Sens |
| الغُسْل | al-ghousl | Lavage rituel du corps entier |
| الجَنَابَة | al-janaba | Impureté majeure après un rapport ou une émission |
| جُنُب | jounoub | Personne en état de janaba |
| الوُضُوء | al-woudou | Petites ablutions |
| الطَّهَارَة | at-tahara | Purification rituelle |
| النِّيَّة | an-niyya | Intention |
| الحَيْض | al-hayd | Menstrues |
| النِّفَاس | an-nifas | Lochies, sang qui suit l’accouchement |
| التَّيَمُّم | at-tayammoum | Purification par la terre |
Lire les textes de la purification en arabe
Le verset 6 de la sourate al-Ma’ida réunit en quelques lignes le woudou, le ghusl et le tayammoum. Avec quelques mois d’arabe, vous y reconnaîtrez fa-ttahharou, « purifiez-vous », et vous le rattacherez de vous-même à tahara. Vous lirez aussi le hadith de ‘Aïcha dans ses propres mots, sans dépendre d’une traduction qui choisit à votre place entre « laver », « verser » et « frotter ».
Merkez al-Bourhan, nous vous accompagnons pas à pas dans l’apprentissage de l’arabe en ligne, de l’alphabet jusqu’à la lecture des textes qui règlent votre prière et votre purification.
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Sources : Coran (al-Baqara 2:222, an-Nisa 4:43, al-Ma’ida 5:6), Sahih al-Boukhari, Sahih Mouslim, Sounan Abi Dawoud, Jami’ at-Tirmidhi, al-Mouwatta de l’imam Malik, al-Adhkar de l’imam an-Nawawi, authentifications de cheikh al-Albani. Article rédigé et vérifié par l’équipe pédagogique de Merkez al-Bourhan, mis à jour en octobre 2026.
Questions fréquentes sur les grandes ablutions
Tout ce que vous devez savoir


