L’alphabet arabe compte 28 lettres. Toutes notent des consonnes, trois d’entre elles servent aussi à allonger les voyelles, et l’ensemble s’écrit de droite à gauche. Certains ouvrages annoncent 29 lettres parce qu’ils comptent la hamza (ء) à part de l’alif. Les voyelles brèves n’entrent pas dans ce total, car l’arabe les note par de petits signes placés au-dessus ou au-dessous des consonnes. À titre de comparaison, l’alphabet français compte 26 lettres, l’alphabet grec 24 et l’alphabet hébreu 22.
Commençons par la liste complète, avec la forme que prend chaque lettre au début, au milieu et à la fin d’un mot.
Les 28 lettres de l’alphabet arabe, dans l’ordre
| N° | Lettre | Nom | Début | Milieu | Fin | Famille |
| 1 | ا | alif | ا | ـا | ـا | Lunaire |
| 2 | ب | bâ’ | بـ | ـبـ | ـب | Lunaire |
| 3 | ت | tâ’ | تـ | ـتـ | ـت | Solaire |
| 4 | ث | thâ’ | ثـ | ـثـ | ـث | Solaire |
| 5 | ج | jîm | جـ | ـجـ | ـج | Lunaire |
| 6 | ح | ḥâ’ | حـ | ـحـ | ـح | Lunaire |
| 7 | خ | khâ’ | خـ | ـخـ | ـخ | Lunaire |
| 8 | د | dâl | د | ـد | ـد | Solaire |
| 9 | ذ | dhâl | ذ | ـذ | ـذ | Solaire |
| 10 | ر | râ’ | ر | ـر | ـر | Solaire |
| 11 | ز | zây | ز | ـز | ـز | Solaire |
| 12 | س | sîn | سـ | ـسـ | ـس | Solaire |
| 13 | ش | shîn | شـ | ـشـ | ـش | Solaire |
| 14 | ص | ṣâd | صـ | ـصـ | ـص | Solaire |
| 15 | ض | ḍâd | ضـ | ـضـ | ـض | Solaire |
| 16 | ط | ṭâ’ | طـ | ـطـ | ـط | Solaire |
| 17 | ظ | ẓâ’ | ظـ | ـظـ | ـظ | Solaire |
| 18 | ع | ʿayn | عـ | ـعـ | ـع | Lunaire |
| 19 | غ | ghayn | غـ | ـغـ | ـغ | Lunaire |
| 20 | ف | fâ’ | فـ | ـفـ | ـف | Lunaire |
| 21 | ق | qâf | قـ | ـقـ | ـق | Lunaire |
| 22 | ك | kâf | كـ | ـكـ | ـك | Lunaire |
| 23 | ل | lâm | لـ | ـلـ | ـل | Solaire |
| 24 | م | mîm | مـ | ـمـ | ـم | Lunaire |
| 25 | ن | nûn | نـ | ـنـ | ـن | Solaire |
| 26 | ه | hâ’ | هـ | ـهـ | ـه | Lunaire |
| 27 | و | wâw | و | ـو | ـو | Lunaire |
| 28 | ي | yâ’ | يـ | ـيـ | ـي | Lunaire |
L’arabe s’écrit en attaché, à la main comme en imprimerie, et il n’a pas de majuscules. Vingt-deux lettres se lient des deux côtés et prennent quatre formes, isolée, initiale, médiane et finale. Les six autres, le ا, le د, le ذ, le ر, le ز et le و, ne se lient pas à la lettre qui les suit et n’ont que deux formes. Cela fait cent tracés sur le papier. La forme du début et celle du milieu ne diffèrent le plus souvent que par un trait de liaison, si bien que l’apprentissage pèse moins lourd que ce total ne le laisse croire.
Ce tableau donne les formes. Pour les sons, reportez-vous à notre guide de la phonétique de l’alphabet arabe, qui décrit la prononciation de chaque lettre.
Pourquoi certains comptent-ils 29 lettres ?
L’écart d’une lettre vient de la hamza (ء). Ce signe note une brève fermeture de la gorge, celle que vous entendez au début de amr (أمر), « ordre », ou au milieu de su’âl (سؤال), « question ». À l’origine, le mot alif désignait ce son, et la première lettre de l’alphabet servait à l’écrire. L’alif a ensuite pris un second rôle, celui d’allonger la voyelle a. Au VIIIe siècle, le grammairien al-Khalil ibn Ahmad a dessiné le petit signe ء, tiré de la tête du ع, pour distinguer les deux emplois.
Les spécialistes de la grammaire arabe n’ont pas tranché de la même façon. Sibawayh, l’élève d’al-Khalil, ouvre le chapitre des sons de son Kitab en fixant à vingt-neuf le nombre des lettres de l’arabe, hamza en tête. Un siècle plus tard, al-Moubarrad en retenait vingt-huit et commençait sa liste au bâ’. Il écartait la hamza au motif qu’elle n’a pas de forme à elle, puisqu’elle s’écrit tantôt seule, tantôt posée sur un alif (أ), un wâw (ؤ) ou un yâ’ (ئ).
Les deux totaux décrivent la même langue. Si vous comptez les sons, l’arabe possède 28 consonnes, hamza comprise, et l’alif, qui allonge le a sans noter de consonne, arrive en vingt-neuvième. Si vous comptez les cases de l’abécédaire, alif et hamza partagent la première et le total revient à 28. Les manuels scolaires, les claviers et les dictionnaires modernes suivent ce second compte.
Les signes qui ne s’ajoutent pas au total
D’autres formes apparaissent dans tous les textes arabes sans être des lettres de plus. Le tâ’ marbûta (ة) est un ت qui a pris la silhouette d’un ه à la fin des mots féminins, comme dans madrasa (مدرسة), « école ». L’alif maqsûra (ى) est un alif final dessiné comme un ي sans points, celui de ‘alâ (على), « sur ». Le lâm-alif (لا) soude un ل et un ا en un seul tracé obligatoire. L’alif madda (آ) réunit une hamza et un alif long, comme au début du mot Qur’ân écrit القرآن.
Plusieurs méthodes de lecture utilisées dans les écoles coraniques, dont la Qâ’ida Nourâniya, font réciter la hamza et le lâm-alif avec les autres lettres dès la première leçon. C’est pourquoi certains élèves vous répondront 29 ou 30 quand vous leur demanderez combien de lettres ils ont apprises.
Combien de voyelles l’alphabet arabe contient-il ?

Aucune au sens où le français l’entend. L’arabe a trois voyelles, a, ou et i, et les écrit de deux façons selon leur durée. Les brèves sont des signes ajoutés aux consonnes, la fatha (ـَ) pour le a, la damma (ـُ) pour le ou et la kasra (ـِ) pour le i. Les longues empruntent trois lettres de l’alphabet, le ا, le و et le ي, qui jouent alors un second rôle.
S’y ajoutent le soukoun (ـْ), qui marque l’absence de voyelle, la chadda (ـّ), qui double la consonne, et le tanwîn, qui fait entendre un n à la fin des noms indéfinis. Le Coran, les manuels et les livres pour enfants portent tous ces signes. Les journaux, les romans et les panneaux les omettent, et le lecteur les restitue de lui-même parce qu’il connaît le mot.
Les linguistes appellent abjad une écriture qui note les consonnes et laisse les voyelles brèves au lecteur. Le terme reprend les quatre premières lettres de l’ancien ordre alphabétique arabe, alif, bâ’, jîm, dâl.
Comment les 28 lettres se répartissent ?
1. Quatorze lettres solaires, quatorze lunaires
L’article défini al- se prononce en entier devant une moitié de l’alphabet et perd son l devant l’autre. On dit al-qamar (القمر), « la lune », mais ach-chams (الشمس), « le soleil », et ces deux mots ont donné leur nom aux deux familles. La colonne de droite du tableau vous indique à laquelle appartient chaque lettre. Nous détaillons la règle dans notre article sur les lettres solaires et lunaires.
2. Six lettres qui ne se lient pas à la suivante
Le ا, le د, le ذ, le ر, le ز et le و s’attachent à la lettre qui les précède et laissent un blanc après elles. Ce blanc coupe le mot en deux sans le terminer, et les débutants le prennent souvent pour une espace. Dans dars (درس), « leçon », le د et le ر restent détachés, et les trois lettres forment pourtant un seul mot.
3. Quinze lettres à points, treize sans
Quinze lettres portent un, deux ou trois points, et treize n’en portent aucun. Si vous retirez ces points, les 28 lettres se réduisent à 18 tracés de base. Le ب, le ت et le ث partagent la même coupelle et ne diffèrent que par un, deux ou trois points. Le ج, le ح et le خ partagent la même boucle. Apprendre par famille de tracés divise le travail de mémoire.
4. Quatorze lettres en tête de vingt-neuf sourates
Vingt-neuf sourates du Coran s’ouvrent sur des lettres isolées, comme Alif Lâm Mîm au début d’al-Baqara ou Yâ Sîn. Ces ouvertures emploient quatorze lettres différentes, soit la moitié exacte de l’alphabet. Le Prophète ﷺ a pris l’une d’elles en exemple pour enseigner ce que vaut chaque lettre récitée.
« Celui qui lit une lettre du Livre d’Allah en retire une bonne action, et la bonne action est multipliée par dix. Je ne dis pas que Alif Lâm Mîm est une lettre. Alif est une lettre, Lâm est une lettre et Mîm est une lettre. »
Rapporté par at-Tirmidhi (n°2910), d’après ‘Abdoullah ibn Mas’oud (qu’Allah l’agrée), authentifié par cheikh al-Albani
D’où viennent les 28 lettres ?
L’écriture arabe descend de l’écriture nabatéenne, celle de Pétra, issue elle-même de l’araméen. Cet alphabet comptait 22 signes, comme l’hébreu. L’arabe possédait plus de consonnes que l’araméen, et les scribes ont d’abord employé le même signe pour plusieurs sons. Les inscriptions arabes du VIe siècle ne portent aucun point, et un même tracé pouvait s’y lire b, t, th, n ou y.
Les points se sont imposés à la fin du VIIe siècle, lorsque les copies du Coran se sont multipliées dans des régions où l’arabe n’était pas la langue maternelle. Les sources arabes attribuent ce travail à Nasr ibn ‘Asim et à Yahya ibn Ya’mar, sous le gouvernorat d’al-Hajjaj en Irak. Les points ont séparé les lettres que le tracé confondait, et six sons propres à l’arabe y ont gagné leur lettre, le ث, le خ, le ذ, le ض, le ظ et le غ. Vingt-deux signes hérités et six ajoutés donnent les 28 lettres actuelles.
Le classement actuel date de la même période d’après ces sources. L’ordre ancien, hérité de l’araméen, se récite en huit mots mnémotechniques.
أَبْجَدْ هَوَّزْ حُطِّي كَلَمُنْ سَعْفَصْ قَرَشَتْ ثَخَذْ ضَظَغْ
Abjad, hawwaz, houtti, kalamoun, sa’fas, qarachat, thakhadh, dadhagh.
Les six lettres ajoutées occupent les deux derniers mots. Le classement moderne a rapproché les lettres de même tracé pour faciliter l’apprentissage. L’ordre abjad sert encore à numéroter les paragraphes d’un texte arabe, أ, ب, ج, د, là où le français écrit a, b, c, d.
Comparatif du nombre de lettres par alphabet (arabe, français, anglais…)
| Alphabet | Nombre de lettres | Particularité |
| Arabe | 28 | Consonnes seules, de droite à gauche |
| Français et anglais | 26 | 6 voyelles et 20 consonnes, accents non comptés |
| Espagnol | 27 | Les 26 lettres latines et le ñ |
| Italien | 21 | J, k, w, x et y réservés aux mots étrangers |
| Turc | 29 | Alphabet latin adopté en 1928 |
| Grec | 24 | De l’alpha à l’oméga |
| Hébreu | 22 | Consonnes seules, de droite à gauche |
| Russe | 33 | Alphabet cyrillique |
| Persan | 32 | Les 28 lettres arabes et quatre ajouts |
L’alphabet français compte 26 lettres, soit deux de moins que l’arabe, et il inclut ses voyelles dans ce total. Le chinois, lui, n’a pas d’alphabet et s’écrit avec plusieurs milliers de caractères.
Plusieurs langues ont emprunté les lettres arabes en les complétant. Le persan en a ajouté quatre pour des sons que l’arabe ne possède pas, le پ pour p, le چ pour tch, le ژ pour le j français et le گ pour le g dur. L’ourdou en a ajouté davantage et approche la quarantaine. L’arabe, de son côté, n’a ni p ni v, et il écrit Paris avec un ب, ce qui donne Bârîs (باريس).
Par où commencer pour apprendre les 28 lettres
Comptez deux à trois semaines, à raison de vingt minutes par jour, pour reconnaître les 28 lettres. Apprenez-les par famille de tracés, puis passez aux formes liées en lisant des mots courts, et réservez la prononciation à des séances avec un enseignant qui corrige votre oreille. Notre guide pour apprendre l’alphabet arabe détaille ces étapes, et un second article vous dit combien de temps il faut pour lire l’arabe couramment.
Merkez al-Bourhan vous accompagne dans l’apprentissage de l’arabe grâce à des cours en ligne, de la première lettre jusqu’à la lecture du Coran dans son texte.
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Sources : al-Kitab de Sibawayh, Sirr Sina’at al-I’rab d’Ibn Jinni, Jami’ at-Tirmidhi avec les authentifications de cheikh al-Albani, al-Qa’ida an-Nouraniya. Article rédigé et vérifié par l’équipe pédagogique de Merkez al-Bourhan, mis à jour en octobre 2026.
Questions fréquentes sur le nombre de lettres de l'alphabet arabe
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