Costus indien se dit القسط الهندي (Al-Qust Al-Hindi) en arabe, littéralement « le qust indien ». Cette racine venue des hauteurs himalayennes occupe une place à part dans la culture musulmane : elle est citée nommément par le Prophète صلى الله عليه وسلم dans un hadith authentique, et reste aujourd’hui l’un des remèdes naturels les plus recherchés dans le monde arabo-musulman. Cet article revient sur son nom exact en arabe, son origine, ses usages traditionnels et les précautions à connaître avant de l’utiliser.
Qu’est-ce que le costus indien ?
Le costus indien est une plante herbacée de la famille des Astéracées, connue des botanistes sous le nom de Saussurea costus (autrefois classée Dolomiaea costus). Elle pousse sur les versants montagneux de l’Himalaya, principalement en Inde, au Népal, au Pakistan et au Tibet, dans des zones d’altitude où le climat rude façonne une racine particulièrement riche en principes actifs.
C’est justement cette racine, séchée puis vendue en morceaux, en copeaux ou réduite en poudre, qui constitue la partie utilisée de la plante. Elle renferme des lactones sesquiterpéniques comme la costunolide, des alcaloïdes, des flavonoïdes et des tanins, un ensemble de composés qui explique en grande partie l’intérêt que lui portent aussi bien la pharmacopée traditionnelle que la recherche phytochimique contemporaine.
La tradition arabe distingue par ailleurs deux variétés de costus : le qust al-hindi, la variété terrestre himalayenne dont il est question dans cet article, et le qust al-bahri, une variété plus claire dite « marine » ou Costus Marin, parfois confondue avec la première dans les textes anciens de médecine.
Le costus indien dans la médecine prophétique
Le costus indien doit une bonne partie de sa notoriété à sa place dans la Sunna. Umm Qays bint Mihsan rapporte avoir entendu le Messager d’Allah صلى الله عليه وسلم recommander son usage dans un hadith authentique consigné par Al-Bukhari :
« Utilisez ce bois indien (al-‘ûd al-hindî), car il contient une guérison pour sept maladies : on en fait des instillations nasales pour celui qui souffre de maux de gorge, et on l’introduit sur le côté de la bouche pour celui qui souffre de pleurésie (dhât al-janb). » Sahih al-Bukhari, Kitâb at-Tibb
Ce hadith a nourri toute une tradition de commentaire savant. Ibn Qayyim al-Jawziyya, dans son ouvrage de référence At-Tibb an-Nabawi (La Médecine du Prophète), détaille les différents usages du qust évoqués par les savants de son époque, qu’il s’agisse de la voie nasale, de l’application locale ou de l’ingestion, selon le mal à traiter. C’est cette double origine, religieuse et thérapeutique, qui distingue le costus indien des simples plantes de bien-être et qui explique sa présence constante dans les rayons de médecine prophétique.
Il convient toutefois de le rappeler avec clarté : ces éléments relèvent de la tradition religieuse et de la médecine traditionnelle. Ils ne sauraient remplacer un diagnostic ou un traitement médical, comme le détaille la section consacrée aux précautions plus loin dans cet article.
Les bienfaits du costus indien selon la tradition et la science
Au-delà du cadre religieux, plusieurs traditions médicales convergent sur les propriétés du costus indien. La médecine ayurvédique, la médecine traditionnelle chinoise et la médecine arabe classique lui attribuent toutes un rôle dans le traitement de troubles variés, ce qui a fini par attirer l’attention de la recherche phytochimique contemporaine.
Sur le plan digestif, le costus indien est traditionnellement utilisé pour soulager les ballonnements et les spasmes, et pour réguler un transit devenu irrégulier, qu’il penche du côté de la constipation ou de la diarrhée. Sur le plan respiratoire, on lui prête des vertus contre la toux, l’asthme et les maux de gorge, des usages qui rejoignent directement ceux évoqués dans le hadith cité plus haut. Certaines études se sont par ailleurs penchées sur les lactones sesquiterpéniques qu’il contient, qui présenteraient des propriétés anti-inflammatoires et gastroprotectrices intéressantes, notamment dans la prévention des irritations de la muqueuse gastrique.
Le costus indien est également associé à un effet immunomodulateur, c’est-à-dire une capacité à soutenir une réponse immunitaire plus équilibrée face aux infections comme aux inflammations. En application locale, il est utilisé de longue date contre les affections cutanées telles que les boutons ou les abcès. Enfin, dans plusieurs pays du Moyen-Orient et du Maghreb, il reste un remède populaire pour accompagner les troubles hormonaux et menstruels, ainsi que la période qui suit un accouchement.
Quels maux le costus indien est-il censé soulager ?
Selon la tradition et les usages populaires, le costus indien est associé au soulagement de :
- Maux de gorge et angines
- Pleurésie (dhat al-janb)
- Troubles digestifs (ballonnements, constipation)
- Migraines et maux de tête
- Asthme et troubles respiratoires
- Troubles hormonaux et menstruels
- Fatigue générale et faiblesse immunitaire
Tableau récapitulatif des usages traditionnels du Qust Al-Hindi
Le tableau ci-dessous résume, à titre indicatif, les principaux troubles auxquels le costus indien est traditionnellement associé, ainsi que les modes d’application les plus courants.
| Trouble ou usage | Usage traditionnel rapporté | Mode d’application courant |
| Maux de gorge, angine | Cité dans le hadith d’Umm Qays parmi les sept guérisons | Instillation nasale d’une préparation huileuse |
| Pleurésie (dhât al-janb) | Application citée directement dans le même hadith | Placé sur le côté de la bouche |
| Troubles digestifs | Ballonnements, spasmes, transit irrégulier | Poudre diluée dans l’eau ou le miel, à jeun |
| Troubles respiratoires | Toux, asthme, encombrement des voies respiratoires | Inhalation de vapeur ou gélules |
| Migraines et maux de tête | Usage rapporté en médecine traditionnelle arabe | Fumigation ou inhalation |
| Affections cutanées | Boutons, abcès, irritations | Pâte à base de poudre et d’huile, en application locale |
| Fatigue, immunité affaiblie | Effet tonique et immunomodulateur traditionnel | Cure courte en gélules ou en poudre |
Comment utiliser le costus indien au quotidien ?
La façon la plus répandue de consommer le costus indien consiste à diluer sa poudre dans de l’eau, à raison d’une dose pour environ dix volumes d’eau, ou à la mélanger à une cuillère de miel avant de l’avaler à jeun. Cette association avec le miel permet d’adoucir le goût très amer de la racine tout en combinant les vertus des deux remèdes, une pratique elle-même ancrée dans la médecine prophétique.
Pour ceux qui préfèrent un usage plus simple, il existe des gélules de costus indien, dont la posologie usuelle se situe entre une et deux gélules par jour, prises de préférence avant les repas. Il est recommandé de commencer par une dose faible la première semaine, puis d’augmenter progressivement afin de laisser à l’organisme le temps de s’habituer.
L’instillation nasale, mode d’usage directement rapporté dans le hadith, consiste à déposer quelques gouttes d’une préparation à base de poudre de costus et d’huile, par exemple de l’huile d’olive, dans chaque narine. L’inhalation, quant à elle, se pratique en ajoutant de la poudre à de l’eau chaude puis en respirant la vapeur qui s’en dégage, une méthode traditionnellement utilisée contre les maux de tête et l’encombrement des voies respiratoires. Enfin, en application locale, le costus indien est mélangé à une huile pour former une pâte que l’on applique directement sur la zone cutanée concernée.
Posologie et précautions à connaître
À titre indicatif, la posologie traditionnelle du costus indien se situe entre un et trois grammes par jour, sur des cures courtes de sept à quinze jours, sans dépasser cette dose sans avis d’un professionnel de santé. Comme pour toute plante à visée thérapeutique, un usage prolongé ou à forte dose n’est pas sans risque et mérite d’être encadré.
Le costus indien est déconseillé dans ces situations :
- aux femmes enceintes ou allaitantes,
- aux jeunes enfants,
- aux personnes allergiques aux plantes de la famille des Astéracées.
Comme pour toute plante à visée thérapeutique, il est recommandé de demander l’avis d’un professionnel de santé avant toute utilisation prolongée, en particulier en cas de traitement médical en cours.
Conclusion
Le costus indien, ou al-qust al-hindi, est bien davantage qu’une simple racine de phytothérapie : il incarne un pont entre le vocabulaire arabe, l’héritage de la médecine prophétique et les usages populaires transmis de génération en génération. Apprendre à le nommer correctement en arabe, c’est aussi entrouvrir la porte d’un pan entier de la culture et de la tradition thérapeutique islamique.
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Questions fréquentes sur le costus indien
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