L’essentiel à retenir : la Salat al-janaza est une obligation communautaire (fard kifaya) s’accomplissant exclusivement debout, sans prosternation, au rythme de quatre takbirs d’intercession. Cet acte de solidarité ultime décharge la communauté du péché tout en offrant une récompense divine colossale, comparable à la montagne d’Uhud (un qirat), pour chaque participant sincère.
Nous vous expliquons les rites de cette obligation communautaire pour vous permettre d’offrir au défunt l’intercession dont il a tant besoin auprès d’Allah ﷻ. Apprenez sans attendre la méthode prophétique des quatre takbirs pour obtenir la récompense immense équivalente à la montagne d’Uhud.
Salat al-janaza : une obligation communautaire et spirituelle
Qu’est-ce que le fard kifaya pour les défunts ?
La salat al janaza relève du Fard Kifaya, une obligation de suffisance. Concrètement, si un groupe de musulmans s’en charge, la responsabilité tombe pour le reste de la communauté. C’est un devoir collectif qui ne pèse pas sur chaque épaule, tant que certains agissent.
Attention toutefois : si personne ne l’accomplit, l’ensemble des habitants du voisinage porte le péché. Vous voyez le risque ? L’entraide ici n’est pas une option, c’est une nécessité vitale pour protéger la communauté du blâme divin.
Pour mieux saisir ces nuances juridiques, le Merkez Al Bourhan offre un cadre éducatif solide. Comprendre ces règles permet d’éviter des erreurs lourdes de conséquences spirituelles.
Mérites et récompense immense des deux qirats
Le Prophète ﷺ a évoqué une récompense colossale : les deux qirats. Imaginez, un seul qirat pèse autant que la montagne d’Uhud dans la balance. C’est un gain immense pour un effort de quelques minutes seulement.
Celui qui prie obtient le premier qirat. Mais s’il accompagne le défunt jusqu’à la mise en terre, il double la mise. Allah ﷻ offre cette opportunité de miséricorde à ceux qui font preuve de patience et de fidélité envers leur frère.
- Récompense pour la prière (1 qirat)
- Récompense pour l’accompagnement au cimetière (1 qirat)
- Valeur symbolique du mont Uhud
Différences majeures avec les cinq prières quotidiennes
Cette prière déroute souvent les débutants car elle est atypique. Elle s’effectue intégralement debout, sans aucune inclinaison ni prosternation. La structure change pour souligner la gravité de l’instant face à la mort.
Contrairement à la façon de faire la prière rituelle classique, ici la gestuelle est réduite au strict minimum pour se concentrer sur l’essentiel.
Oubliez l’adhan ou l’iqama ; on entame directement par le Takbir. C’est un instant de recueillement pur, souvent silencieux, où seule l’invocation résonne pour le salut de l’âme.
L’objectif n’est pas la soumission physique, mais l’intercession. Le cœur implore le pardon pour le défunt, dans une posture de dignité.
3 conditions de validité pour la prière funéraire
Pour que cette intercession soit acceptée, certaines règles strictes de validité doivent être respectées par les vivants.
Pureté rituelle et orientation vers la qibla
Vous ne pouvez pas prier sans woudou, c’est la base. Comme pour toute salat, les participants doivent impérativement être en état de pureté rituelle. Les ablutions mineures et majeures sont obligatoires pour valider votre intention devant Allah ﷻ.
L’orientation vers la Mecque est tout aussi indispensable. Le corps du défunt et l’ensemble des fidèles doivent faire face à la qibla. C’est cette unité de direction qui scelle l’adoration.
En réalité, les règles de base de la prière de Dhor s’appliquent ici. Si vous savez prier au quotidien, vous connaissez déjà ces prérequis fondamentaux pour la prière mortuaire.
Lavage et mise en linceul du défunt
Le ghusl al-mayyit doit être effectué avant toute chose. On ne prie jamais sur un corps impur. C’est la première étape du respect dû à celui qui nous a quittés.
Ensuite, le kafan, ou linceul, doit envelopper totalement la dépouille. Ce tissu blanc, propre et conforme à la Sunna, préserve la dignité de la personne décédée. C’est une obligation pour que la salat al janaza soit valide.
Voici l’ordre chronologique strict pour valider le rite. Ces étapes ne peuvent être inversées sous aucun prétexte. Le respect de cette séquence garantit la conformité religieuse.
Présence physique de la dépouille devant l’imam
Le corps doit être placé physiquement devant l’imam. Cette proximité spatiale est une règle de base incontournable. On ne prie pas derrière le mort, mais bien pour lui, face à lui.
Même si cette prière est spécifique, la disposition reste sacrée. Comme nous l’expliquons sur la signification du soujoud, chaque positionnement a un sens profond, même ici en l’absence de prosternation. L’ordre des rangs compte énormément.
Sauf cas très exceptionnels, le corps doit être présent. La règle générale exige que l’assemblée entoure le défunt pour cet adieu communautaire. C’est un dernier devoir de fraternité en Islam.
| Étape 1 | Étape 2 | Étape 3 |
| Lavage rituel (Ghusl) | Mise en linceul (Kafan) | Prière (Janaza) |
Comment se déroule la prière sur le mort en islam en 4 étapes ?
Une fois les conditions réunies, l’imam lance l’office qui s’articule autour de quatre moments clés de glorification.
Premier et deuxième takbir : fatiha et salat ibrahimiyya
L’imam ouvre la prière par le premier Takbir en levant les mains. Immédiatement, vous devez réciter la sourate Al-Fatiha à voix basse. C’est la base absolue : sans elle, votre salat al janaza perd sa validité religieuse.
Après le deuxième Takbir, on prie sur le Prophète ﷺ. Il faut réciter la Salat Ibrahimiyya complète, exactement comme celle que nous prononçons à la fin des prières obligatoires quotidiennes.
Si vous hésitez sur la formulation exacte, je vous conseille de réviser comment faire le tachahoud pour maîtriser cette invocation essentielle et ne pas invalider votre acte d’adoration.
Deuxième takbir : Salat sur le Prophète ﷺ
En arabe (forme complète – recommandée)
اللَّهُمَّ صَلِّ عَلَىٰ مُحَمَّدٍ وَعَلَىٰ آلِ مُحَمَّدٍ
كَمَا صَلَّيْتَ عَلَىٰ إِبْرَاهِيمَ وَعَلَىٰ آلِ إِبْرَاهِيمَ
إِنَّكَ حَمِيدٌ مَجِيدٌ
اللَّهُمَّ بَارِكْ عَلَىٰ مُحَمَّدٍ وَعَلَىٰ آلِ مُحَمَّدٍ
كَمَا بَارَكْتَ عَلَىٰ إِبْرَاهِيمَ وَعَلَىٰ آلِ إِبْرَاهِيمَ
إِنَّكَ حَمِيدٌ مَجِيدٌ
Translittération
Allâhumma salli ‘alâ Muhammad
wa ‘alâ âli Muhammad
kamâ sallayta ‘alâ Ibrâhîma
wa ‘alâ âli Ibrâhîm
innaka Hamîdoun Majîd
Allâhumma bârik ‘alâ Muhammad
wa ‘alâ âli Muhammad
kamâ bârakta ‘alâ Ibrâhîma
wa ‘alâ âli Ibrâhîm
innaka Hamîdoun Majîd
Traduction (sens)
Ô Allah, prie sur Muhammad et sur la famille de Muhammad,
comme Tu as prié sur Ibrahim et sur la famille d’Ibrahim.
Tu es certes Digne de louange et de gloire.
Ô Allah, bénis Muhammad et la famille de Muhammad,
comme Tu as béni Ibrahim et la famille d’Ibrahim.
Tu es certes Digne de louange et de gloire.
Troisième takbir : invocations sincères pour le mort
Le troisième Takbir constitue le véritable cœur de la janaza. Ici, on ne récite plus de Coran, mais on implore le pardon d’Allah ﷻ pour le défunt. C’est le moment crucial de demander sa miséricorde.
Pour que votre intercession soit acceptée, prononcez une doua pour un mort issue de la Sunna. La formule la plus connue et efficace reste le simple « Allahoumma ghfir lahou warhamhou ».
La sincérité de votre cœur compte plus que la longueur du texte. Les savants recommandent souvent l’invocation « Allahoumma ghfir li hayyina wa mayyitina », qui couvre l’ensemble de la communauté avec humilité.
Quatrième takbir et clôture par le taslim
Le quatrième Takbir offre un dernier temps de recueillement collectif. On prie alors pour l’ensemble des musulmans, vivants et morts, afin que la paix d’Allah descende sur toute la Oumma.
Tout se conclut par un unique Taslim, contrairement aux prières habituelles. Vous tournez simplement la tête vers la droite en disant « Assalamou ‘alaykoum wa rahmatoullah ». C’est la fin officielle du rite funéraire.
Ce salut marque le retour au monde d’ici-bas. Pour saisir la portée spirituelle de ces mots, il est utile de comprendre comment dit-on bonjour en arabe dans son sens religieux profond.
Position de l’imam et organisation des rangs
Au-delà des invocations, la disposition physique des fidèles et de l’imam répond à une organisation précise et symbolique.
Placement selon le sexe de la personne décédée
Pour un homme, l’imam se place toujours au niveau de la tête. C’est la position sunna établie pour la salat al janaza. Cela permet de diriger l’assemblée avec clarté. C’est une règle prophétique indiscutable.
Pour une femme, l’imam se tient exactement au milieu. Cette distinction est importante dans la pratique. Elle respecte les traditions prophétiques transmises par les compagnons.
- Homme : niveau de la tête
- Femme : niveau du milieu du corps
- Justification : respect de la sunna
Constitution des trois rangs et nombre de fidèles
Il est recommandé de former trois rangs. Même si les fidèles sont peu nombreux ce jour-là. C’est une organisation qui favorise l’intercession divine.
Le nombre de quarante fidèles est souvent cité. S’ils sont monothéistes, leur intercession est acceptée par Allah ﷻ. C’est une immense grâce pour le défunt. Ne négligez pas ce chiffre symbolique.
Il est essentiel de comprendre les rites funéraires pour maximiser ces récompenses spirituelles.
Imamat et participation des femmes à l’office
L’imam officiel ou le plus savant dirige la prière. Parfois, la famille proche a la priorité légitime. Cela dépend des volontés du défunt ou des coutumes. La science prime souvent ici.
Les femmes peuvent assister à la prière. Elles se placent derrière les rangs des hommes. Leur présence est une marque de soutien pour les proches.
Vous pouvez comparer l’organisation des rangs avec les prières nocturnes pour saisir les nuances de chaque office.
Cas particuliers : martyrs et prière de l’absent
Bien que le protocole soit standard, certaines situations spécifiques modifient radicalement la manière d’honorer le défunt.
Statut du martyr et de l’enfant mort-né
Le martyr tombé face à l’ennemi ne subit pas le lavage mortuaire. On ne prie pas la Janaza sur lui non plus. Il est enterré avec ses vêtements, car son sang témoignera pour lui au Jour du Jugement. C’est un statut d’exception confirmé par la Sunna.
Pour le bébé, tout dépend d’un signe de vie manifeste. Si l’enfant a crié à la naissance, la prière est obligatoire. S’il est né sans vie avant quatre mois, on l’enterre simplement sans rite funéraire complexe.
- Martyr du combat : ni ghusl, ni prière funéraire.
- Nouveau-né vivant : prière et lavage obligatoires.
- Fœtus sans vie : simple enterrement dans un linge.
Salat al-ghaib et prière sur une tombe
La Salat al-Ghaib est réservée à celui mort dans une terre lointaine sans prière. Le Prophète ﷺ l’a accomplie pour le Négus en Abyssinie. C’est une dérogation pour honorer le frère absent qui n’a eu personne pour prier sur lui.
Ne négligez jamais les invocations, même à distance du corps. C’est le lien le plus fort avec nos morts. D’ailleurs, la constance dans les invocations quotidiennes renforce notre lien spirituel avec l’au-delà et protège le croyant.
Vous avez raté l’enterrement ? Il est permis de prier directement sur la tombe. Le Prophète ﷺ l’a fait pour une femme qui nettoyait la mosquée. Cela permet de rattraper cet acte de piété manqué.
Accomplir la prière funéraire est un acte de solidarité ultime et une sunna. En maîtrisant ses règles, vous offrez au défunt une intercession précieuse tout en méditant sur votre propre fin. Puisse Allah accepter nos invocations, accorder Sa clémence à nos morts et nous réunir dans Son vaste Paradis.
FAQ : Salat al-Janaza
Questions fréquentes sur la prière funéraire


